Bruxelles, 28/08/2012 (Agence Europe) - Le Parlement roumain a entériné, lundi 27 août, le rétablissement de Traian Basescu dans ses fonctions de président, six jours après l'invalidation par la Cour constitutionnelle du référendum de destitution convoqué par la majorité de centre gauche du Premier ministre Victor Ponta, rapporte l'AFP. En vertu de la procédure, l'un des neuf juges de la Cour a annoncé devant les deux chambres réunies du Parlement « la fin de l'intérim assuré par le président du Sénat, Crin Antonescu et la reprise par M. Basescu de ses prérogatives constitutionnelles ». La décision de la Cour a été publiée dans la soirée au Journal officiel, levant le dernier obstacle au retour de M. Basescu au palais présidentiel. Les élus de l'Union sociale-libérale (USL), la coalition au pouvoir, avaient dans un premier temps annoncé qu'ils boycotteraient la réunion du Parlement, avant de revenir dans la salle pour assurer le quorum requis, poursuit l'AFP. Le Premier ministre Ponta avait toutefois, à plusieurs reprises, assuré la semaine dernière que la majorité « ne tenterait pas de retarder » le retour de M. Basescu via des recours de procédure, même s'il avait jugé la décision de la Cour « illégale et injuste ».
Celle-ci a en effet confirmé mardi dernier que le référendum convoqué par la coalition au pouvoir le 29 juillet dernier pour destituer Traian Basescu n'était pas valable, le seuil requis de participation n'ayant pas été atteint, en dépit d' une majorité de votants (87%) qui s'étaient prononcés pour un départ du président Basescu. La Commission européenne avait ensuite appelé les partis politiques à respecter cette décision et à mettre fin à leurs querelles. La décision du parlement roumain de rétablir M. Basescu dans ses fonctions a également été saluée mardi 28 août par les leaders du groupe PPE, Wilfried Martens et Joseph Daul, qui ont souligné une « décision responsable des membres du parlement roumain ». Les deux hommes ont également dit espérer qu' « à partir de maintenant », toutes les forces politiques « s'abstiennent d'attaquer le système de justice, y compris la Cour constitutionnelle » et travaillent à renforcer « l'indépendance et le bon fonctionnement de la justice en Roumanie » .
La Commission a, elle-aussi, salué mardi cette décision du parlement roumain. « Notre souci », a dit Olivier Bailly, « était que le processus constitutionnel et l'état de droit soient respectés ». « On prend note », a dit le porte-parole tout en indiquant que la Commission resterait « vigilante » et surveillerait les développements politiques en Roumanie. La Commission, comme elle l'a déjà indiqué le 18 juillet dernier, produira d'ailleurs un nouveau rapport d'ici à la fin de l'année au titre du Mécanisme de coopération et de vérification (CVM), destiné à évaluer justement la situation roumaine. (SP)