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Bulletin Quotidien Europe N° 10676
Sommaire Publication complète Par article 14 / 15
AFFAIRES & ENTREPRISES N°28 / (ae) investissements

Les investissements directs chinois en Europe ont atteint 10 milliards de dollars en 2011. Les investissements chinois en Europe ont triplé en 2011 pour atteindre 10 milliards de dollars, selon une étude du cabinet de conseil Rhodium Group, réalisée en collaboration avec la CCPI, une banque d'investissement chinoise. Après avoir atteint en moyenne moins d'un milliard de dollars par an de 2004 à 2008, les investissements directs chinois en Europe ont triplé à environ 3 milliards de dollars en 2009 et en 2010, avant de tripler à nouveau en 2011. Bien que ce montant de 10 milliards d'euros soit encore relativement modeste par rapport à la taille de son économie, le pays devrait augmenter sensiblement sa prise de contrôle sur le Vieux continent dans les années à venir, programmant des achats d'actifs variant entre 250 et 500 milliards de dollars d'ici 2020. Des actifs devenus financièrement attractifs compte tenu de la crise de la dette. Pour l'ensemble des pays avancés, le rapport prévoit que sur les 2 000 milliards que pourrait représenter l'investissement chinois à l'étranger en 2020, un quart irait directement en Europe, par le biais de fusions-acquisitions ou d'investissements dans l'économie verte. Les entreprises chinoises sont particulièrement intéressées par l'achat des technologies européennes, de marques (par exemple les céréales Weetabix) ou encore des fabrications haut de gamme comme les châteaux et vignes du Bordelais. Le gouvernement chinois a par ailleurs encouragé ses entreprises à augmenter leurs investissements à l'étranger pour les rendre plus compétitives au niveau mondial, mais aussi pour sécuriser l'approvisionnement en termes de ressources naturelles, de technologie et d'expertise pour la Chine, ou encore pour diversifier les colossales réserves de change, évaluées à 3 200 milliards de dollars. Sans surprise, les préférences des investisseurs chinois vont vers les trois économies les plus importantes en Europe (France, Royaume-Uni, Allemagne). Une autre étude, fournie par la société d'investissement A Capital, indique qu'au premier trimestre 2012, l'Europe était la deuxième destination privilégiée pour les investissements chinois à l'étranger, après l'Amérique du Sud. Si l'on prend en compte les investissements touchant aux ressources naturelles, le total atteindrait un niveau impressionnant de 2 140 milliards de dollars au premier trimestre 2012. La Chine redoute toutefois un éclatement de la zone euro. Dans une interview donnée récemment au Wall Street Journal, le président du fonds souverain China Investment Corp, Lou Jiwei, a indiqué avoir réduit ses investissements en actions et en obligations européennes. Sans entrer dans les détails concernant les montants en jeu, le président du fonds, qui gère 410 milliards de dollars a déclaré qu'il avait abaissé son exposition à l'ensemble des marchés publics européens, ajoutant que la Chine ne devrait pas non plus acheter d'euro-obligations si ces dernières étaient émises, « le risque étant trop élevé et le rendement trop faible ». M. Jiwei a toutefois ajouté que le CIC continuait à investir en Europe à travers des fonds d'investissement et des détentions directes, y compris dans le secteur des infrastructures (notamment le groupe COSCO dans le port du Pirée en Grèce). (IL)