Bruxelles, 31/07/2012 (Agence Europe) - Dialogue sur l'acier, programme pour la compétitivité du secteur de la sécurité, plan d'action pour le secteur de la construction, campagne pour la sécurité des jouets, décalogue sur le tourisme: pendant que la plupart de ses collègues sont en congé, le vice-président de la Commission, Antonio Tajani est bien présent à la barre du navire, multipliant les initiatives pour aider à maintenir le tissu industriel de l'UE. « Toute mon action a pour finalité d'empêcher la croissance du chômage », insiste-t-il.
Construction, exploiter le potentiel des bâtiments 'zéro énergie'. Le commissaire à l'Industrie Antonio Tajani a poursuivi mardi 31 juillet sa présentation cette semaine d'une série d'actions pour soutenir la base industrielle de l'UE, en dévoilant une stratégie pour la compétitivité du secteur de la construction. Un secteur clé pour l'économie européenne, puisqu'il pèse 10% de son PIB, en incluant, outre les entreprises de construction, les fabricants de produits de construction, les architectes, ingénieurs et autres intervenants, et est à la source de 20 millions d'emplois, en particulier dans des micro et petites entreprises.
Peu épargné par la crise économique et financière, le secteur européen de la construction souffre d'une demande en berne tant sur le marché du résidentiel privé que sur celui des infrastructures. Sous le multiple effet de la crise, de l'éclatement de la bulle immobilière, de la contraction du marché du crédit, de la pénurie de main-d'œuvre qualifiée, et de la concurrence déloyale sur les marchés internationaux, le secteur a vu son activité dans l'UE se réduire de 17% entre janvier 2008 et avril 2012.
La stratégie de l'exécutif européen vise d'abord à améliorer les conditions pour l'investissement, en particulier dans la rénovation et l'entretien des bâtiments et des infrastructures, par la promotion d'instruments financiers (garanties de prêts et emprunts obligataires) et des incitations au niveau national (réduction du taux de TVA). La Commission mise notamment sur l'utilisation de l'enveloppe de 120 milliards d'euros de prêts pouvant être accordés par la BEI dans le cadre du Pacte pour la croissance et l'emploi décidé en juin dernier. Et insiste pour donner la priorité à la rénovation et à la performance énergétique des bâtiments, un domaine à fort potentiel en termes de création d'emplois, évalué à un million d'emplois nouveaux d'ici 2020.
La stratégie repose aussi sur la stimulation de l'innovation et l'amélioration des qualifications des travailleurs en encourageant la mobilité, mais aussi sur une utilisation plus efficace des ressources, à travers la reconnaissance mutuelle des systèmes de construction durable dans l'UE. Autre piste d'action, l'élaboration de codes de bonnes pratiques en matière de conception permettant aux entreprises de construction de travailler plus facilement dans d'autres États membres. Enfin, l'exécutif européen mise sur la promotion des entreprises européennes à l'échelle mondiale pour stimuler leurs performances et des normes durables dans les pays tiers.
Un forum de haut niveau sera organisé avec les États membres et des représentants sectoriels pour superviser la mise en œuvre de la stratégie et formuler des recommandations.
Acier, préparer un plan d'action. Lundi, le commissaire à l'Industrie a ouvert avec les parties prenantes de l'industrie de l'acier un dialogue pour renforcer la compétitivité d'un secteur non moins épargné par la crise, puisqu'il a vu sa production annuelle chuter de 9,38 millions de tonnes en 2006 à 5,9 millions de tonnes en 2009 avant de remonter en 2010 à 7,5 millions, selon les chiffres de l'association Eurofer. M. Tajani et les représentants des grands groupes de l'acier européen (ArcelorMittal, ThyssenKrupp) et de l'association européenne de l'industrie sidérurgique Eurofer ont eu un premier échange de vues sur les défis du secteur, tant en matière d'accès aux matières premières, de conditions de concurrence équitables, d'impact environnemental mais aussi d'innovation, relatifs aux opportunités données par le renforcement du réseau d'infrastructures en Europe ou le développement de l'économie verte. Ce groupe de travail devra préparer des recommandations jetant les bases d'un plan d'action pour la modernisation du secteur.
Automobile, un plan d'aide français conforme. En cette période estivale, M. Tajani ne chôme pas. Après avoir aussi présenté lundi son programme pour soutenir l'expansion du secteur de la sécurité en Europe, un marché déjà juteux de près de 35 milliards d'euros (EUROPE n° 10666), le commissaire à l'Industrie présentera mercredi une campagne sur la sécurité des jouets, et un décalogue sur le tourisme jeudi.
Lundi, M. Tajani qui, en juin dernier, a promis pour octobre un plan d'action en faveur du secteur automobile, prévoyant en particulier d'agir sur l'innovation, l'ouverture des marchés et pour la mise en place d'une réglementation intelligente (EUROPE n° 10629), a dû aussi répondre aux interrogations de la presse sur le plan de soutien français au secteur automobile, présenté la semaine dernière, et qui comprend notamment une incitation financière de l'État aux voitures propres. « Pour le moment, je n'ai rien vu de contraire aux lois de l'UE. Je ne vois pas de contrastes entre le plan français et ce que je soutiens », a-t-il assuré. (EH)