login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10666
Sommaire Publication complète Par article 17 / 25
INSTITUTIONNEL / (ae) roumanie

Victor Ponta rate son pari de destituer Traian Basescu

Bruxelles, 30/07/2012 (Agence Europe) - Le président roumain Traian Basescu est à nouveau parvenu dimanche 29 juillet à sauver sa tête et à éviter la destitution, à l'issue d'un référendum convoqué par ses opposants qui n'aura pas recueilli le seuil de participation nécessaire pour être validé. C'est la seconde fois que M. Basescu se retrouvait sous le coup d'une procédure de destitution, le responsable de centre-droit ayant déjà « survécu » à un référendum de ce type en 2007. Cette fois, c'est à l'initiative de la coalition gouvernementale emmenée par le Premier ministre (de centre-gauche) Victor Ponta que les citoyens roumains étaient appelés le 29 juillet à dire s'ils souhaitaient prolonger ou non M. Basescu dans ses fonctions. Le gouvernement avait notamment fait en sorte que les bureaux de vote restent ouverts plus longtemps mais n'aura pas réussi son pari de mettre définitivement M. Basescu sur le départ.

Arrivé au pouvoir en mai, M. Ponta accuse notamment ce dernier d'avoir abusé de ses pouvoirs mais aussi d'avoir appauvri les Roumains en leur imposant une sévère cure d'austérité en 2010. Les Roumains ne se sont toutefois pas suffisamment déplacés pour appuyer sa démarche, le taux de participation s'étant établi à 46% des inscrits, selon des données provisoires. Or, la Cour constitutionnelle, dans un arrêt rendu début juillet, avait décrété que le scrutin, pour être valide, devait réunir au moins 50% des électeurs inscrits sur les listes (50% + 1). Une règle que la coalition de M. Ponta, sous la pression entre autres de la Commission européenne, avait fini par accepter.

M. Basescu, qui était suspendu de ses fonctions dans l'attente de ce référendum, pourra donc retrouver son poste. Dimanche, près de 97% des votants se sont toutefois prononcés pour le départ du président, soit environ 7 millions d'électeurs. M. Basescu, qui s'est félicité de ce que les Roumains aient rejeté « le coup d'État des 256 parlementaires conduits par Victor Ponta et Crin Antonescu (président intérimaire) », a promis d'en tenir compte, rapporte l'AFP. « Il est évident que beaucoup de Roumains sont mécontents de ce qui s'est passé ces dernières années. Il faut combler la fracture au sein de la société parce que la Roumanie a besoin de toute l'énergie pour réussir son intégration dans le monde civilisé », a déclaré M. Basescu après le scrutin.

Le Premier ministre Victor Ponta a quant à lui assuré avoir « tiré les leçons » de cet épisode institutionnel et des critiques de l'Union européenne sur les méthodes employées. La Commission avait notamment exprimé ses préoccupations dans son rapport du 18 juillet sur l'état de la démocratie et des réformes judiciaires dans le pays, le rapport CVM (Mécanisme de coopération et vérification, publié également pour la Bulgarie) et demandé à M. Ponta de s'acquitter d'une liste de 11 travaux, à commencer par le respect de toutes les décisions rendues par la Cour constitutionnelle. La Commission avait particulièrement critiqué la rapidité des décisions de la coalition de M. Ponta mais aussi certains de leurs objectifs, portant selon elle atteinte à des institutions démocratiques clefs. « J'ai tiré les leçons de cette période », a déclaré lundi M. Ponta, poursuit l'AFP, admettant que l'image internationale de la Roumanie avait été « écornée ». Il y a eu « beaucoup de choses à critiquer dans la manière dont a été menée la procédure de destitution », a encore admis Victor Ponta, tout en continuant de penser que la communauté internationale avait été désinformée par le camp de M. Basescu.

La Commission européenne ne souhaitait pas encore lundi midi commenter les résultats de ce référendum, attendant qu'ils soient officiels. Le groupe des Verts/ALE au Parlement européen a lui dit espérer, dans un communiqué, que l'issue de ce référendum marque la fin du « cirque politique » en Roumanie et permette de tirer un trait sur la guerre que se livrent MM. Ponta et Basescu. Pour les deux leaders du groupe, Rebecca Harms et Daniel Cohn-Bendit, il est temps que les deux parties montrent leur attachement aux valeurs démocratiques européennes et affichent leur unité pour lutter contre « les vrais problèmes » du pays, en particulier la lutte contre la corruption, le renforcement de l'indépendance du pouvoir judiciaire mais aussi les difficultés économiques.

Pour le leader autrichien du groupe S&D au Parlement européen, Hannes Swoboda, toutes les parties doivent en effet « agir en responsabilité pour le pays », et cesser les querelles qui peuvent « mettre en danger la crédibilité » de la Roumanie à l'étranger. Il a même appelé M. Basescu à se placer au dessus de ces querelles et à respecter une majorité parlementaire qui lui est opposée. Les deux « camps » s'affronteront à nouveau à l'automne lors des élections législatives. (SP)

 

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
POLITIQUES SECTORIELLES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE
AFFAIRES & ENTREPRISES N° 28