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Bulletin Quotidien Europe N° 10561
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Feu vert du Bundestag au 2ème sauvetage grec

Bruxelles, 27/02/2012 (Agence Europe) - Malgré une opinion publique plutôt rétive à l'idée de continuer à soutenir financièrement la Grèce, le Bundestag allemand a voté à une large majorité, lundi 27 février lors d'une session extraordinaire, en faveur du 2ème sauvetage grec sur la base de l'accord marqué la semaine dernière par l'Eurogroupe (EUROPE n°10558). Il n'a finalement pas voté une motion refusant toute augmentation de la contribution allemande au pare-feu financier européen destiné à éviter la contagion de la crise de la dette souveraine à l'ensemble de l'Eurozone (voir autre nouvelle).

« L'Europe échouera si l'euro échoue », a prévenu la chancelière allemande Angela Merkel peu avant le vote du Bundestag, rapporte l'AFP. Selon elle, le programme grec ne contient « pas seulement » des mesures d'austérité, il vise aussi à restaurer la compétitivité de la Grèce. Consciente qu'il ne peut être certain à 100% que la recette prescrite fonctionne, la chancelière a qualifié d'« incalculables » les conséquences sur les économies des pays de la zone euro et des partenaires internationaux d'une sortie de la Grèce de l'Eurozone.

L'issue du vote du Bundestag ne faisait guère de doute dans la mesure où les sociaux-démocrates et les écologistes allemands ont toujours pris position pour la solidarité financière de l'Allemagne envers les pays de la zone euro en difficulté. Mais elle masque mal les doutes d'élus allemands de la majorité sur la capacité de la Grèce à respecter ses engagements budgétaires et macro-économiques en échange d'une aide financière (130 milliards d'euros d'aide publique + une participation du secteur privé à la restructuration partielle de la dette grecque supérieure à 100 milliards). Des voix opposées à la poursuite du soutien financier s'élèvent parmi les alliés de Mme Merkel. Dernière en date, celle du ministre de l'Intérieur Hans-Peter Friedrich. « Je ne parle pas d'exclure la Grèce de la zone euro. Mais de parvenir à créer des incitations pour un retrait qui ne puissent pas être déclinées », a déclaré le conservateur bavarois le weekend dernier, estimant « plus grandes les chances de la Grèce de se régénérer hors de l'Union économique monétaire ».

Mercredi 29 février à la veille du Conseil européen, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso recevra le Premier ministre grec Lucas Papademos pour faire le point de la situation en Grèce. Seront abordés en compagnie des commissaires Rehn (Affaires économiques), Hahn (Politique régionale), Andor (Affaires sociales) et Lewandowski (Budget) les questions pour lesquelles la Commission a une compétence: l'optimisation de la consommation des fonds européens (financement des PME, concessions autoroutières, privatisations), la présence de la 'task force' spéciale chargée de suivre la mise en œuvre du programme grec et d'assurer une assistance technique.

À noter que les experts de la Commission en matière de lutte contre le chômage se sont rendus en Grèce, lundi 27 février. Ils ont évoqué les moyens à débloquer pour relancer le marché de l'emploi dans cet État où le chômage touche près de 47% des jeunes. Constatant que la Grèce possède un taux très faible de diplômés ayant étudié dans un autre pays de l'UE, ils ont préconisé la mise en place de projets de mobilité pour permettre aux Grecs de développer de nouvelles compétences. (MB/SDstag)

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