Bruxelles, 09/12/2011 (Agence Europe) - Les réactions à chaud des parlementaires européens à l'accord de vendredi 9 décembre des dirigeants de l'UE sur le nouveau pacte budgétaire et le renforcement des outils de lutte contre la crise de la dette sont partagées. Ils ont tous regretté la décision du Royaume-Uni de faire bande à part.
« Je salue la volonté politique démontrée cette nuit par la très grande majorité des États européens, et je déplore que le Royaume-Uni, en particulier, ait empêché un accord dans le cadre communautaire », a déclaré le président du groupe PPE au Parlement européen, Joseph Daul. Il va toutefois s'assurer que les institutions européennes « jouent pleinement leur rôle de garants des intérêts européens. En particulier, le Parlement européen devra se voir garanti son rôle de légitimité démocratique du nouveau traité ».
Guy Verhofstadt (ADLE, belge) a estimé que les dirigeants de l'UE ont franchi de nouvelles étapes vers le renforcement de la discipline budgétaire. « Toutefois, nous doutons que cela suffise à résorber la crise dans l'immédiat. Il n'y a pas de mention que la BCE puisse intervenir plus massivement comme prêteur, ni d'euro-obligations, ni même de caisse d'amortissement pour la dette excessive ». Le nouveau traité « serait uniquement acceptable si la méthode communautaire et le contrôle démocratique sont pleinement respectés. Je n'exclus pas un recours à la Cour européenne de justice si ces garanties ne sont pas explicitement prévues par le traité intergouvernemental », a-t-il averti.
Daniel Cohn-Bendit (Verts/ALE, français) a estimé que les réponses à la crise existent (fonds monétaire européen, euro-obligations et fonds d'investissement) et qu'elles peuvent être adoptées « dès maintenant sans changement de traité ». Selon lui, ce traité intergouvernemental « crée plus d'incertitudes qu'il n'apporte de réponses immédiates à la crise de la dette souveraine ». Dès lors, « ce sommet est un fiasco ». Les Verts au PE vont s'assurer que les prérogatives du PE seront respectées.
Tomasz Poreba, du groupe ECR, a estimé que le Royaume-Uni avait parfaitement le droit de défendre ses intérêts nationaux en s'opposant aux changements du traité. Il estime aussi qu'en acceptant de se joindre au pacte budgétaire, la Pologne a « confirmé une Europe à deux vitesses ». Il trouve particulièrement étrange, de la part de la Pologne, d'avoir accepté d'effectuer des paiements et de financer le sauvetage de la zone euro.
Le président de la GUE/NGL, Lothar Bisky, a qualifié aujourd'hui les résultats des négociations entre les leaders européens « de tentative dangereuse de renforcer l'austérité extrême à tout prix et d'atteinte à la procédure démocratique ». «Faire de l'austérité la politique économique par défaut, c'est tout simplement ouvrir la porte à un nouveau désastre, et ce, bien qu'il soit désormais évident que l'approche néolibérale ne fonctionne pas ». (LC)