Bruxelles, 23/10/2011 (Agence Europe) - L'Italie doit rassurer les marchés et ses partenaires de l'Union, à un moment où ces derniers essayent de la soutenir face aux attaques spéculatives. Elle doit se montrer crédible en prenant des engagements fermes quant à l'exécution, dans les temps, des « mesures courageuses » qu'elle a décidées en matière budgétaire et de réformes structurelles. Ses partenaires attendent des gages en ce sens lors du sommet qui aura lieu mercredi prochain.
Tel est en substance le message adressé par les Vingt-sept au gouvernement italien, par la voix du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, à l'issue du sommet extraordinaire qui s'est tenu dimanche 23 octobre à Bruxelles. « On demande un grand effort aux autorités italiennes, et je crois qu'elles sont prêtes à le faire », a dit le président à propos des mesures décidées par les autorités italiennes dans le cadre de deux plans d'austérité visant à parvenir à l'équilibre budgétaire dès 2013 et à réduire une dette publique équivalente à 120% du PIB (1.900 milliards d'euros), des réformes qui concernent à la fois la réduction des déficits publics, et le marché du travail, les entreprises publiques, les privatisations, la justice ou encore la lutte contre la fraude.
Sous pression depuis plusieurs jours, le Premier ministre, Silvio Berlusconi, a essayé de rassurer ses partenaires, qui craignent que l'Italie ne relâche ses efforts d'assainissement, notamment après les critiques formulées par la présidente du patronat italien, Emma Marcegaglia, sur les retards dans la mise en œuvre du plan d'austérité adopté par le gouvernement sous la pression de la Banque centrale européenne. Dès son arrivée, le Premier ministre italien a eu une série d'entretiens bilatéraux, avec MM.Van Rompuy et Barroso, d'abord, avant d'être auditionné par la chancelière Merkel et le président Sarkozy. « Nous avons dit clairement à Silvio Berlusconi que l'Italie doit tout faire pour être à la hauteur de ses responsabilités », a déclaré la chancelière dans un point de presse commun avec le président français, à l'issue de l'entretien. « La confiance ne naîtra pas uniquement de la construction d'un pare-feu (…) L' Italie a une dette publique importante. Il faut qu'elle soit réduite de manière crédible dans les années à venir », a-t-elle ajouté, indiquant que l'Italie devra porter son effort parallèlement sur des mesures de relance de la croissance et de réduction de l'endettement. Le président français a été tout aussi explicite: « Il n'est pas question de faire appel à la solidarité des partenaires si on ne fait pas les efforts nécessaires », faisant allusion au renforcement en cours du Fonds européen de stabilité financière dans le but de protéger l'Italie et l'Espagne. Très sûr de lui, le premier ministre italien avait déclaré, à l'issue de l'entretien: « Je n'ai jamais été recalé de ma vie lors d'un entretien ».
Un autre sujet de courroux au sujet duquel le Premier ministre italien devra fournir des garanties à la France est le respect du pacte tacite qui existait entre les deux pays au sujet de la présence française au directoire de la Banque centrale européenne. La France avait en effet soutenu la candidature de Mario Draghi à la présidence de la banque à l'expiration du mandat de Jean-Claude Trichet à charge de pouvoir récupérer un siège dans le directoire, occupé actuellement par Lorenzo Bini Smaghi. L'intéressé refuse cependant de démissionner, n'ayant pas été nommé à la tête de la Banque d'Italie, comme il l'escomptait (le poste a été attribué à Ignazio Visco). Le chef du gouvernement italien l'a appelé samedi soir à « démissionner d'un poste qu'il occupe par la volonté du gouvernement ». Mais il n'a aucun pouvoir pour forcer cette décision. (FG avec LC/MB/AN/CG/MD/JK/DDstage)