Bruxelles, 23/10/2011 (Agence Europe) - La France et l'Allemagne ont rappelé à l'ensemble de leurs partenaires européens « leur attachement à la mise en place d'une taxe sur les transactions financières », a dit dimanche 23 octobre Nicolas Sarkozy, le président de la France, à l'issue du Conseil européen qui a planché notamment sur la préparation du sommet du G20, à Cannes (3-4 novembre). Le Conseil européen, dans ses conclusions, estime qu'il convient de « réfléchir à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières à l'échelle mondiale et de faire avancer les travaux sur cette question ».
« Nous y tenons beaucoup (à cette taxe). Il y a une proposition de la Commission, et l'ensemble du secteur financier doit être régulé et doit être appelé aussi à assumer ses responsabilités. Si le monde se trouve où il en est, c'est parce que bien sûr il y a eu trop de dette, et parce qu'il y a eu un système financier qui n'a obéi à aucune règle. Il faut tourner la page de ce monde-là, grâce à des mesures de régulation qui permettront d'éviter que les mêmes causes ne produisent les mêmes effets », a dit M. Sarkozy. Ces discussions « auront leur prolongement » dans le cadre du G20, car il y a le problème de l'Europe et du monde. M. Sarkozy a demandé à l'ensemble des partenaires de l'UE de « nous aider, de ne pas trop critiquer car chaque zone dans le monde a ses propres problèmes ».
« Je soutiens absolument l'idée d'une taxe sur les transactions financières », a dit Angela Merkel. Cette taxe est une « obligation morale, politique et économique », a conclu M. Sarkozy.
M. Sarkozy a déclaré aussi qu'il faudra que l'UE trouve mercredi 26 octobre un accord qui « apaise la crise financière ». « Ce qui nous permettra de préparer, avec l'Allemagne, le G20 où d'autres décisions doivent être prises pour réguler la mondialisation et permettre au monde de retrouver le chemin de la croissance mondiale ».
Les Pays-Bas trouvent l'idée sympathique, mais ils ont des préoccupations si cela ne se fait qu'au niveau européen.
Dans ses conclusions, le Conseil européen juge nécessaire d'agir résolument en vue de « maintenir la stabilité financière, de rétablir la confiance et de soutenir la croissance et la création d'emplois ». Au sommet de Cannes, il conviendrait également que de réels progrès soient accomplis dans les domaines suivants: - la réforme du système monétaire international (renforcer les instruments de surveillance et de gestion des crises et assurer une meilleure coordination des politiques économiques et monétaires, se garder de tout protectionnisme financier) ; - le renforcement de la réglementation et de la surveillance du secteur financier (mise en œuvre des accords de Bâle, réforme des produits dérivés de gré à gré ainsi que des principes et normes en matière de rémunération, lutter contre les paradis fiscaux et réduire la dépendance excessive à l'égard des notations de crédit, réfléchir à l'instauration d'une taxe sur les transactions financières à l'échelle mondiale) ; - la lutte contre la volatilité excessive des cours des produits de base (renforcement de la transparence des marchés des produits de base, amélioration du fonctionnement et de la réglementation des marchés des produits dérivés) ; - l'action en faveur de la reprise économique mondiale et d'une croissance durable et inclusive (programme de négociations actif à l'OMC, y compris pour les pays les moins développés, mise en œuvre du programme du G20 pour le développement et renforcement de la dimension sociale de la mondialisation) ; - mesures visant à accroître la libéralisation des échanges internationaux et à résister au protectionnisme (plan crédible servant de base à l'achèvement du cycle de Doha pour le développement, approches novatrices pour renforcer le système commercial multilatéral) ; - la lutte contre le changement climatique. (LC)