Bruxelles, 23/10/2011 (Agence Europe) - Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a fait savoir, dimanche 23 octobre au soir, que les dirigeants de l'Eurozone avaient évoqué la possibilité de fixer un âge commun de départ à la retraite au sein de l'Eurozone. « Dans le cadre d'une meilleure gouvernance de la zone euro, nous avons parlé d'un âge commun de départ à la retraite », a-t-il indiqué, évoquant l'âge de « 67 ans ». Le gouvernement italien se réunira ce lundi afin d'aborder cette question mais, a précisé M. Berlusconi, le montant des retraites ne sera en aucun cas touché.
M. Berlusconi a concédé que l'Italie pourrait accélérer la réduction de la dette publique qui atteint 120% du PIB national « en vendant des biens publics ». Il a rappelé les fondamentaux « sains » de l'économie italienne: le déficit public est le plus petit après celui de l'Allemagne, les banques du pays sont solides, le cumul dette publique/dette privée est maîtrisé, le marché immobilier n'a pas fléchi. Et d'estimer que « l'attitude négative vis-à-vis de l'Italie ne (correspondait) pas à la situation réelle » de l'économie italienne.
Les dirigeants européens demandent que l'Italie les rassure dans sa capacité à appliquer les réformes déjà décidées, voire annonce d'autres mesures visant à stimuler la croissance économique (voir autre nouvelle). « D'ici mercredi, des États membres devront convaincre les collègues qu'ils mettront en œuvre les mesures promises », a déclaré le président du Conseil européen Herman Van Rompuy. Il a refusé d'envisager la possibilité qu'un pays en difficulté prenne des engagements insuffisants. Quels autres pays sont concernés ? Pas la Belgique, a-t-il souligné. « Bien entendu, les engagements seront pris. Tous les États membres doivent émettre des signaux clairs sur leurs engagements », a renchéri le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso. D'après lui, le débat à Dix-sept a confirmé que tous les pays étaient en faveur de « la consolidation budgétaire » et des « réformes » structurelles.
Les dirigeants de la zone euro ont poursuivi, dimanche soir, les négociations relatives à la recherche d'une solution exhaustive à la crise de la dette souveraine (voir autre nouvelle). Des décisions définitives seront annoncées mercredi 26 octobre à l'issue de deux nouveaux sommets, à Vingt-sept et à Dix-sept.
Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a fait état d'un « accord sur les objectifs », les discussions devant se poursuivre sur les moyens pour y parvenir. « Pour une fois, l'Eurozone se concentre sur les choses importantes », a estimé le Premier ministre irlandais Enda Kenny, qui repart « plus confiant que ce matin » sur la capacité des Européens à trouver une solution.
La stratégie européenne repose sur cinq éléments étroitement liés: - des finances publiques saines et des mesures visant à stimuler la croissance et accélérer les réformes structurelles ; - la recherche d'une solution durable à la situation budgétaire grecque, le 2ème sauvetage grec prévoyant la participation du secteur privé ;
- le rétablissement de la confiance envers le secteur bancaire européen ; - l'optimisation du fonds européen de sauvetage, la Facilité EFSF ; - une meilleure gouvernance économique et une intégration accrue de l'Eurozone. « Nous avons besoin de faire de l'union monétaire aussi une union économique, c'est une leçon à tirer de la crise », a déclaré le président de la Commission européenne José Manuel Durão Barroso.
EFSF. Comment maximiser la force de frappe du fonds européen de sauvetage ? M. Van Rompuy a indiqué que « deux modèles » ont été définis et pouvaient être combinés pour provoquer « un effet cumulé ». Sur proposition de l'Allemagne, les pays de la zone euro planchent sur un mécanisme qui permettrait au fonds européen de fournir des garanties sur une partie des obligations souveraines les plus risquées. Est également à l'étude une implication accrue du Fonds monétaire international. Plus tôt dans la journée, la chancelière allemande Angela Merkel avait souligné que l'optimisation du pare-feu européen ne prévoyait en aucun cas la création d'un lien entre la Banque centrale européenne et le fonds. « Dire que la BCE n'est pas partie prenante, c'est aller trop loin », a nuancé M. Van Rompuy.
Grèce. Mis au point fin juillet, le 2ème sauvetage grec nécessite une révision en raison d'une aggravation de la récession dans le pays et d'une dégradation des marchés de la dette souveraine des pays en difficulté (EUROPE n°10424). Afin de remettre la dette publique grecque sur une trajectoire soutenable, il prévoira la participation du secteur privé. « Jamais dans l'Histoire européenne, aucun pays n'a été contraint de supporter un fardeau aussi lourd », a déclaré le Premier ministre grec Georges Papandréou. La Grèce met en œuvre des réformes « mais cela prend du temps », a-t-il ajouté. Sur la question de la dette, le pays a besoin d'une solution « viable avec l'aide du secteur privé » qui soit en mesure de « rétablir la crédibilité ». Les Européens réfléchiraient à une décote de 50% de la valeur des obligations grecques.
BCE. Sur les tiraillements diplomatiques entre la France et l'Italie à propos de la composition du directoire de la BCE, le chef de gouvernement italien a espéré que Lorenzo Bini Smaghi comprendrait qu'il ne pourrait pas être « un obstacle » à la nomination d'un Français.
La France avait apporté son soutien à la nomination du gouverneur de la Banca d'Italia Mario Draghi à la présidence de la Banque centrale européenne à condition que M. Bini Smaghi quitte son poste au profit d'un Français. (MB/MD/FG/DD stag)