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Bulletin Quotidien Europe N° 10457
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/recherche

Les enjeux de la sécurité civile en Europe

Varsovie, 21/09/2011 (Agence Europe) - Diversification des menaces, développement de la sécurité civile dans des aspects autres que technologiques et continuité entre sécurité interne et externe ont été les maîtres mots des trois jours de la 6ème conférence annuelle dédiée à la recherche dans le domaine de la sécurité, du 19 au 21 septembre, à Varsovie. Elle s'est déroulée en marge du 5ème appel d'offres lancé par la Commission européenne pour des projets de recherche dans le secteur de la sécurité civile (FP7-SEC-2012) avec un budget total de 1,4 milliard d'euros.

L'objectif de cette conférence était de mettre en contact les représentants d'entreprises publiques et privées, des centres et instituts de recherche et les utilisateurs finaux, comme les forces de police et les services douaniers.

Ce dernier aspect, l'intégration de l'utilisateur dans le processus de recherche et de création de nouvelles technologies, a été probablement l'avancée la plus importante qu'a permis ce cycle de conférences, a estimé Marco Malacarne, responsable de l'unité de recherche et de développement dans le domaine de la sécurité au sein de la direction générale des entreprises et de l'industrie de la Commission, lors de la première séance, mardi 20 septembre.

Quant aux tendances de fond en matière de sécurité civile durant la conférence « Security Research 2011 », elles ont peut-être été le mieux exprimées par le directeur exécutif de l'Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures (Frontex), Ilkka Laitinen. D'une part, cette agence doit agir sur de nombreux fronts, qui ne se résument pas aux simples contrôles d'identité aux frontières et font de la coopération avec d'autres agences un aspect crucial du fonctionnement de Frontex. Lutte contre le crime organisé, le terrorisme, le trafic humain, les cybercrimes ne sont que quelques domaines, cités par Ilkka Laitinen, qui font partie dorénavant des prérogatives de l'Agence. D'autre part, lorsque M. Laitinen énumère ses priorités en matière de recherche, les avancées technologiques viennent en seconde place derrière le développement des procédures administratives et de contrôle aux frontières. Car la technologie à elle seule ne peut entièrement garantir par exemple l'identité d'une personne, si l'entité émettrice du passeport n'est pas fiable. C'est l'homogénéisation des processus de sécurité et de contrôle qui est clairement mise en avant. Plus les règles et les actes « sont homogènes en Europe, plus forts nous sommes », a résumé le directeur de Frontex.

C'est un point qui a été également relevé par la ministre polonaise des Sciences et de l'Éducation supérieure, Barbara Kudrycka, qui a affirmé, lors de la séance inaugurale, qu'à côté du développement technologique, c'est le domaine des procédures au niveau international qui semble être le défi le plus urgent à relever. Par ailleurs, en citant les domaines de « sécurité énergétique, alimentaire, de la communication, des transports, de la santé publique, des frontières », comme étant de la plus haute importance pour un État, la ministre n'a fait que souligner un avis largement partagé par les participants de la conférence quant à la sphère très large de la sécurité civile. Les menaces qui pèsent sur nos sociétés sont de sorte décrites comme de plus en plus diversifiées, tout en étant moins visibles qu'auparavant et plus difficiles à identifier. Pour certaines de ces menaces, « nous devons faire face pour la première fois » et, dans ce cas, pour être capable de réagir efficacement, le rôle crucial de la recherche et de l'innovation transparaît de la manière la plus claire possible, a déclaré la ministre Kudrycka.

Le nouveau programme cadre pour la recherche et l'innovation, « Horizon 2020 », dont les négociations ont récemment commencé, devrait permettre de réunir tous les outils dont dispose actuellement l'UE pour garantir une meilleure homogénéité du marché européen, a-t-elle estimé. Le président du Parlement européen, Jerzy Buzek, a tenu à assurer que les eurodéputés sont très enthousiastes vis-à-vis du projet « Horizon 2020 ». Le budget consacré à ces domaines va aussi croître d'une manière substantielle, comme le prévoit le nouveau cadre financier (2014-2020) avec un budget total de près de 80 milliards d'euros, 26 milliards de plus par rapport au 7ème programme-cadre. Par ailleurs, 20% des projets de sécurité civile qui ont été financés par l'UE ont été proposés par des PME, le plus haut pourcentage dans tout le 7ème programme- cadre, a souligné Paul Wiessenberg de la Commission. Il a également ajouté que le financement de l'UE dans ce domaine était responsable de la moitié des subventions publiques accordées en Europe en cette matière, ce qui lui permet de dire que « l'UE dispose progressivement d'une identité dans le domaine de la sécurité ».

Une tendance qui devrait être renforcée estime, Jerzy Buzek en citant cinq points qu'il considère comme essentiels dans la nouvelle stratégie de financement de la recherche de la sécurité: - privilégier les PME ; - créer des partenariats privé-public ; - simplifier l'accès au financement européen ; - protéger les données personnelles ; - associer les recherches en matière de sécurité à la politique commune de sécurité et de défense. Ce dernier point s'explique par la concordance des menaces qui viennent de l'extérieur et de l'intérieur de l'espace de l'UE. Pour le président du Parlement européen, il est nécessaire d'intégrer des outils comme l'Agence spatiale européenne (ESA), l'Agence européenne de Défense (EDA) parce que « la gestion de crise, l'assistance humanitaire et la surveillance des frontières » sont autant d'éléments liés à la politique étrangère de l'UE qui ont un lien avec les problèmes de sécurité intérieure. Avoir une véritable politique commune de sécurité et de défense devient une nécessité face à des menaces qui ne sont pas uniquement de nature militaire. Pour cela, l'OTAN ne peut garantir à elle seule la sécurité de l'UE, a jugé Jerzy Buzek. (JK)

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