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Bulletin Quotidien Europe N° 10457
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (ae) ue/Éducation

La dimension sociale de l'enseignement supérieur

Bruxelles, 21/09/2011 (Agence Europe) - Le réseau Eurydice a publié un rapport analysant la dimension sociale de l'enseignement supérieur dans 31 pays européens (les 27 États membres de l'Union européenne plus l'Islande, le Liechtenstein, la Norvège et la Turquie). La dimension sociale concerne un accès plus large à l'enseignement supérieur pour toutes les couches sociales. Ce sujet a, ces dernières années, gagné en importance dans les débats politiques tant au niveau européen que national.

L'étude relève les caractéristiques suivantes:

Augmentation du nombre d'étudiants: l'une des tendances les plus significatives dans l'enseignement supérieur européen au cours de la dernière décennie est la poursuite du processus de massification avec un accroissement moyen du nombre d'étudiants de 25%. Ce processus est visible au niveau mondial et est lié à une réorientation vers une société basée sur la connaissance. Toutefois, cette augmentation ne signifie pas pour autant que l'enseignement supérieur est devenu socialement plus inclusif.

Deux approches politiques principales pour élargir la participation: les pays européens montrent des différences significatives quant à leur approche pour élargir la participation. Certains d'entre eux se concentrent sur les mesures visant à augmenter la participation des groupes sous-représentés alors que d'autres envisagent une approche générale pour augmenter et élargir la participation globale, en espérant que cela mène également à un accroissement de la participation des groupes socialement défavorisés. D'autre part, un peu plus de la moitié des pays ont établi des parcours alternatifs pour accéder à l'enseignement supérieur alors que quinze systèmes nationaux ne permettent pas de tels parcours alternatifs. Les parcours alternatifs sont typiques des systèmes d'enseignement supérieur d'Europe de l'Ouest alors que les systèmes d'Europe de l'Est sont plus rigides. Ces derniers ne disposent pas non plus de règlements sur la reconnaissance et la validation des apprentissages formels et informels.

Peu de statistiques pour mesurer la participation des groupes sous-représentés: peu de pays ont développé des indicateurs ou des objectifs cibles pour les groupes sous-représentés. Par conséquent, il est difficile d'analyser l'impact des mesures prises pour augmenter et élargir la participation des groupes sous-représentés mais également de mesurer le taux de réussite des étudiants.

Mécanismes de financement peu orientés vers l'élargissement de la participation: les mécanismes nationaux de financement institutionnel de l'enseignement supérieur reposent sur des caractéristiques traditionnelles (nombre de personnel ou d'étudiants) ou sur d'autres objectifs comme la qualité de la recherche. L'élargissement de la participation est souvent laissé à des programmes de financement plus marginaux.

Performances des systèmes: un système performant est un système qui offre un accès équitable à un enseignement diversifié et de grande qualité. Des frais d'inscription peuvent dissuader les étudiants à faibles revenus, mais ces frais peuvent être contrebalancés par des mécanismes de soutien financier. Les réalités nationales varient de situations où aucun étudiant ne paie des frais et des pays où tous les étudiants les paient et où tous les étudiants reçoivent un soutien et d'autres ou peu d'étudiants en reçoivent.

Le défi démographique: l'impact du vieillissement de la population sera ressenti différemment. L'Europe du nord est la seule à montrer des projections positives du nombre de jeunes dans la population. Le nombre de jeunes diplômés va diminuer alors que la demande de travailleurs qualifiés augmente. L'apprentissage tout au long de la vie apparaît, par conséquent, essentiel et se pose comme un défi pour les universités qui doivent s'élargir à de nouveaux étudiants, plus âgés. Un défi particulièrement urgent à relever pour les pays qui ont pris jusqu'ici peu de mesures pour ouvrir l'enseignement supérieur aux apprenants non traditionnels.

Politique budgétaire différente entre les pays: alors que certains pays ont procédé à des coupes budgétaires en matière de financement de l'enseignement supérieur, même avant la crise, d'autres ont fait le pari d'augmenter les budgets malgré des difficultés financières. Étant donné le besoin de personnes hautement qualifiées sur le marché du travail, cette dernière stratégie pourrait s'avérer plus efficace dans l'atténuation des effets à long terme de la crise économique.

Eurydice tire quatre conclusions principales à l'issue du rapport: 1) les pays éprouvent des difficultés à adapter leur système d'enseignement supérieur pour répondre aux défis sociétaux actuels ; 2) la dimension sociale n'est pas devenue, globalement, un moteur important dans la politique d'enseignement supérieur mais la plupart des pays ont mis en place des mesures spéciales pour élargir l'enseignement à d'autres groupes ; 3) les déclarations politiques sur la dimension sociale ne sont pas toujours assorties de mesures cohérentes et de financements adéquats ; 4) il est urgent d'aborder les questions de dimension sociale avec plus de force et de cohérence, à la fois au niveau européen et au niveau national, notamment en raison du ralentissement économique en Europe. (IL)

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