Bruxelles, 21/09/2011 (Agence Europe) - Günther Oettinger participera le 29 septembre à Kiev à la conférence internationale sur la modernisation du réseau de transport gazier ukrainien, par lequel transite 80% du gaz russe destiné à l'UE. « L'Ukraine est un partenaire important pour l'UE sur de nombreuses questions de politique énergétique, et un pays de transit de gaz particulièrement important », a souligné le commissaire à l'Énergie, en marge du Conseil Énergie informel des 19-20 septembre à Wroclaw, où se trouvait également le ministre ukrainien de l'Énergie Yuriy Boyko. « Pour cette raison, de concert avec la BERD, la Commission est intensément impliquée dans l'analyse des gazoducs existants, afin de jeter les bases de leur rénovation pour assurer un niveau élevé de sécurité technique », a précisé M. Oettinger. La Commission et le gouvernement ukrainien ont conclu en 2009 un accord avec la BERD, la BEI, la Banque mondiale et l'IFC sur l'octroi d'une enveloppe de 2 milliards de dollars pour soutenir la modernisation du réseau ukrainien de gazoducs, un soutien financier conditionné à la conduite par l'Ukraine d'une réforme du cadre réglementaire de son secteur gazier. Le commissaire a en outre réaffirmé l'engagement de l'exécutif européen à œuvrer avec la Russie et l'Ukraine pour éviter toute rupture d'approvisionnement du gaz russe transitant par le territoire ukrainien. « Nous nous souvenons tous des perturbations de janvier 2009. Nous voulons en tirer les leçons », a-t-il conclu.
Le président en exercice du Conseil Énergie, Waldemar Pawlak, a lui aussi confirmé que l'Ukraine « continuera à être un pays de transit de gaz important pour l'UE, indépendamment des nouveaux corridors de transport gazier qui vont apparaître », avec les projets de gazoducs pilotés par des consortiums associant le gazier russe Gazprom à des groupes énergétiques européens, comme Nord Stream au nord, reliant l'Allemagne et la Russie sous la mer Baltique, et South Stream au sud, reliant la Russie à l'Italie et la Grèce en passant sous la mer Noire, tous deux en contournant l'Ukraine. Le ministre polonais de l'Économie a tenu à rassurer Kiev, quelque peu inquiète de l'évolution de la demande européenne de gaz russe transitant par son territoire, en rappelant que les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) confirment à cet égard la pertinence, à l'avenir, du système ukrainien de transit de gaz, fort d'une capacité annuelle de 150 milliards de m3.
Le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov a en effet laissé planer le doute, le week-end dernier, sur la possible mise en veille d'une partie du système de transport de gaz ukrainien, afin de réduire ses pertes en l'absence de confirmation claire des volumes de gaz à transporter à travers son territoire vers l'Europe. « L'Ukraine a besoin de garanties sur les volumes de gaz à pomper à travers son système de transport du gaz à la fois de l'UE en tant que consommateur et de la Russie en tant que fournisseur », a averti M. Azarov, lors d'une conférence le 17 septembre à Yalta. Après avoir évoqué le sujet avec le commissaire à l'Élargissement et à la Politique européenne de voisinage Stefan Füle, le chef du gouvernement ukrainien devrait avoir davantage d'assurances auprès du commissaire Oettinger, lors de la visite de sa visite à Kiev à la fin du mois. (EH)