Bruxelles, 02/09/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne, la BCE et le FMI ont suspendu, vendredi 2 septembre, leur 5ème mission d'évaluation de la situation économique et budgétaire en Grèce, officiellement pour permettre aux autorités grecques d'achever certains « travaux techniques », alors que les chiffres de la récession ont été revus à la hausse. « La mission a réalisé de bons progrès, mais elle a temporairement quitté Athènes pour permettre aux autorités d'achever des travaux techniques liés, parmi d'autres choses, à la préparation du budget 2012 et à l'adoption de mesures structurelles visant à stimuler la croissance économique », déclare la 'troïka' dans un communiqué conjoint. Elle s'attend à retourner dans la capitale grecque « mi-septembre » afin de poursuivre les discussions. C'est sur la base du rapport intermédiaire de la 'troïka' que les créanciers institutionnels de la Grèce (UE, FMI) décideront de débloquer une nouvelle tranche d'aide financière. Cette tranche sera de 8 milliards d'euros conformément au premier programme grec, à moins que le deuxième programme soit finalisé et opérationnel d'ici la fin du mois de septembre.
Le ministre grec des Finances Evángelos Venizélos a démenti les affirmations de la presse grecque selon lesquelles la suspension de la mission de la 'troïka' serait due à un désaccord entre Athènes et ses créanciers sur la nécessité d'adopter de nouvelles mesures d'austérité afin de respecter les engagements budgétaires. Il a fait état de discussions « très amicales et créatives », rapporte l'AFP. En revanche, il a reconnu que la récession avoisinerait les 5% du PIB national en 2011, au lieu des 3,5% prévus, et il a jugé « extrêmement risqué » de tabler sur un retour de la croissance à partir de l'année prochaine. En conséquence, la réévaluation du déficit public sera « automatique du fait de l'aggravation de la récession », a indiqué le ministre. Selon la presse grecque, le déficit public national se situerait entre 8,5% et 9% du PIB en 2011, au lieu des 7,5% inscrits dans le programme d'ajustement économique et après 10,5% en 2010.
M. Venizélos a par ailleurs fait part de sa préférence pour que la prochaine tranche d'aide à la Grèce provienne du deuxième plan de sauvetage. « Il n'y a pas de doute que nos besoins de financement seront couverts et garantis, mais nous ne voulons pas encaisser de l'argent supplémentaire avant d'avoir les nouveaux taux d'intérêt », a-t-il en effet indiqué. Fin juillet, les pays de la zone euro ont décidé d'une baisse des taux d'intérêt appliqués aux prêts du fonds européen de sauvetage, la Facilité EFSF, octroyés à l'Irlande, au Portugal… et bientôt à la Grèce.
'Collatéral'. En parallèle, les discussions sur l'octroi par la Grèce de garanties en matière de remboursement des prêts alloués seraient à un stade avancé. Elles se poursuivront à Bruxelles en début de semaine prochaine au niveau des directeurs nationaux du trésor. « Je m'attends à une solution dans un avenir proche », a déclaré Jan Kees de Jager. Selon le ministre néerlandais des Finances, « un traitement équitable des créanciers est possible ». Les ministres allemand, finlandais et néerlandais des Finances se réuniront mardi 6 septembre. L'accord bilatéral entre la Finlande et la Grèce, qui prévoyait un dépôt de plusieurs centaines de millions d'euros par Athènes pour garantir la contribution d'Helsinki au deuxième plan grec est caduc. Une information confirmée par le ministre irlandais des Finances Michael Noonan à la commission parlementaire compétente du parlement irlandais. (M.B.)