Bruxelles, 24/08/2011 (Agence Europe) - La Commission européenne a autorisé l'Espagne, le 11 août dernier, à rétablir des mesures restrictives sur son marché du travail vis-à-vis des travailleurs roumains, ces mesures, prévues jusqu'à la fin 2012, leur imposant désormais la demande d'un permis de travail pour pouvoir venir travailler dans le pays.
Une décision positive motivée par la très mauvaise situation générale de l'emploi en Espagne (un taux de chômage record de 21%), a expliqué le commissaire compétent Laszlo Andor, et par le fait que l'Espagne « a pu démontrer » les perturbations créées sur son marché du travail par cette immigration en provenance de Roumanie, la plus importante en Espagne actuellement, notamment par rapport aux travailleurs bulgares, et qui connaît un taux de chômage de 30%.
Cette décision, qui n'affecte pas les travailleurs roumains déjà présents en Espagne, fait suite à une demande écrite de Madrid adressée à Bruxelles le 28 juillet dernier. Il y a deux ans, l'Espagne avait pourtant levé toutes les mesures de restrictions sur son marché du travail pour les travailleurs des nouveaux États membres mais avait fait part fin juillet de son incapacité actuelle à absorber de nouveaux travailleurs. Une clause de sauvegarde prévue dans les traités d'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie permet par ailleurs aux États membres de revenir sur leurs mesures d'ouverture de leurs marchés du travail, cette clause ayant donc été activée par le gouvernement espagnol.
En donnant raison à Madrid, la Commission a toutefois prévenu qu'elle exercerait un suivi régulier de ces mesures restrictives et du marché de l'emploi espagnol, se réservant elle-aussi aussi le droit, si la situation devait évoluer, de revenir sur son autorisation. La Commission a également tenu à rappeler que sa « position de base reste bien l'ouverture » des marchés du travail à tous les ressortissants de l'UE et que la situation de l'Espagne revêt bien un caractère exceptionnel. C'est la première fois qu'un État membre demande à revenir sur ses mesures d'ouverture de son marché du travail. (S.P.)