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Bulletin Quotidien Europe N° 10437
JOURNÉE POLITIQUE / (ae) ue/libye

L'UE accélère ses préparatifs pour l'après-Kadhafi

Bruxelles, 24/08/2011 (Agence Europe) - Alors que tout laisse à croire que le régime de Mouammar Kadhafi est sur le point de tomber, l'UE accélère ses préparatifs pour mettre en place une stratégie à l'encontre de la Libye qui est basée sur quatre axes: - fournir une aide médicale et du carburant à Tripoli ; - aider à garantir la sécurité de la population civile ; - soutenir la relance de l'économie ; - appuyer le développement de la démocratie et de l'État de droit, a fait savoir Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, lors d'un point de presse, mardi 23 août. À cette fin, une mission d'exploration de l'UE serait en préparation afin d'analyser les besoins sur place, a-t-elle assuré. La stratégie européenne consiste avant tout à développer des projets en étroite collaboration avec les Nations unies qui tiendront un « rôle essentiel » dans l'action de la communauté internationale envers la Libye. S'étant entretenue avec Ban Ki-moon, le secrétaire général des Nations unies et son envoyé spécial pour la Libye, Abdoul Ilhan al-Khatib, la Haute représentante a proposé que se tienne une réunion du Groupe du Caire, rassemblant notamment l'Union Africaine, la Ligue arabe et l'UE, vendredi 26 août à New York, pour « s'assurer que nous avons une approche coordonnée sur la manière dont devrait agir la communauté internationale ». La question de la sécurité n'a pas été développée longuement, mais il s'agira avant tout de gérer le nombre important d'armes légères en circulation, de sécuriser les frontières et d'aider à redéployer rapidement des forces de police et de gendarmerie. Pour la Haute représentante, il ne fait aucun doute que le fait que « la population se sente en sécurité dans le pays est fondamental pour l'avenir ». Au sujet de la réforme du secteur de sécurité et de défense, l'OTAN pourrait aussi jouer un rôle important, comme l'a rappelé la porte-parole de l'Organisation Oana Lungescu, mardi 23 août, tout en affirmant que l'Alliance ne prévoit aucun déploiement terrestre.

Concernant les aspects économiques, la priorité est donnée à la subsistance financière du Conseil national de transition (CNT), en lui garantissant des ressources suffisantes pour s'assurer « que les gens sont payés, les fonctionnaires, les officiers de police » et qu'il y ait suffisamment de « fournitures dans les magasins », a précisé Mme Ashton. Et pour cela, les avoirs libyens devraient être prochainement dégelés par l'UE, dès que le Conseil de sécurité de l'ONU aura engagé les démarches nécessaires. La chef de la diplomatie européenne a également souligné qu'un des points urgents sera la remise en fonction des infrastructures de l'économie de l'État libyen, notamment à travers la construction d'un État de droit, c'est-à-dire d'un système politique respectant la séparation des pouvoirs pour empêcher les fraudes et la corruption. Les projets européens pour la Libye commencent ainsi à se concrétiser. Après les réunions, mardi 23 août, de la plateforme de crise du Service européen pour l'action extérieure (SEAE) et du Comité politique et de sécurité (COPS) qui réunit les ambassadeurs des 27 États membres de l'UE, Catherine Ashton a tenu à assurer que « ce que nous faisons à Bruxelles, c'est d'agir comme une chambre de compensation pour le travail des États membres, les aidant et leur permettant d'apporter une aide au peuple libyen et nous recourons aux différents instruments de l'UE afin de fournir un tel soutien le plus rapidement possible ». (J.K.)