Strasbourg, 08/09/2010 (Agence Europe) - Sous la pression de ses constructeurs automobiles, emmenés par FIAT, l'Italie a brandi la menace, mardi 7 septembre, d'opposer son veto à l'accord bilatéral de libre-échange (ALE) entre l'UE et la Corée du Sud, paraphé en octobre 2009 (EUROPE n° 9999) et que la Commission européenne et le gouvernement sud-coréen s'apprêtent à signer officiellement en marge du sommet du Forum Asie-Europe (ASEM), les 4 et 5 octobre à Bruxelles. « J'ai fait savoir lundi au commissaire européen au Commerce Karel De Gucht qu'en l'absence de modifications substantielles ou de la possibilité de différer l'entrée en vigueur de l'accord d'au moins un an, l'Italie posera son veto vendredi » lors d'une réunion des ministres du Commerce, appelés à se prononcer, en marge du Conseil informel Affaires générales/Relations extérieures (Gymnich) le 10 septembre à Bruxelles, sur la signature de l'accord, a indiqué mardi à la presse le vice-ministre italien du Commerce, Adolfo Urso. « Nous avons demandé des modifications, surtout pour le secteur automobile, mais malheureusement nos propositions n'ont pas été acceptées », a déploré M. Urso, estimant qu'il n'est « pas possible » de parvenir à ces modifications avant la fin de la semaine.
Pour entrer en vigueur, l'ALE doit être approuvé à l'unanimité des États membres de l'UE, avant d'obtenir le feu vert définitif du Parlement européen, où un vote sur la clause de sauvegarde incluse dans l'ALE a été reporté, mardi 7 septembre (voir autre nouvelle). « Différer la mise en œuvre de l'accord d'au moins un an permettrait notamment à l'industrie automobile de mieux se préparer à la baisse des tarifs douaniers », a précisé M. Urso mardi. L'Italie, qui veut des conditions plus strictes pour protéger le secteur automobile de la concurrence sud-coréenne, exige un mécanisme de révision à la hausse des droits de douane en cas d'afflux massif d'importations de voitures coréennes sur son marché national. Si un tel mécanisme est prévu au niveau européen, Rome exige une clause régionale qui permettrait à l'Italie de déclencher ce mécanisme si nécessaire. Depuis leur lancement en 2007, les constructeurs automobiles européens sont les plus farouches opposants à l'ALE avec la Corée du Sud, accord qui, selon eux, les désavantagera en encourageant les importations à des prix déloyaux au bénéfice des constructeurs sud-coréens et au détriment de l'emploi en Europe. Les tractations entre les services du commissaire De Gucht et le gouvernement italien vont se poursuivre cette semaine. L'isolement de l'Italie au Conseil reste le seul espoir pour la Commission que l'accord ne capote pas à la dernière minute. La Commission n'exclut pas un report de quelques semaines de la décision du Conseil, afin de disposer de plus de temps pour lever les réserves italiennes. (E.H.)