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Bulletin Quotidien Europe N° 10207
JOURNÉE POLITIQUE / (eu) ue/proche-orient

Polémique autour des propos du commissaire De Gucht

Bruxelles, 03/09/2010 (Agence Europe) - La Commission européenne a pris ses distances vendredi d'avec les propos que le commissaire au Commerce, Karel De Gucht, a tenus le 2 septembre sur la politique israélienne au Proche-Orient et sur l'influence du lobby juif sur la politique des États-Unis. Interrogé par la radio publique flamande (http://www.radio1.be ) à l'occasion de la reprise des pourparlers directs entre Israéliens et Palestiniens à Washington, M. De Gucht s'est dit plutôt sceptique sur les chances de parvenir à un accord de paix entre les deux parties, non seulement en raison de la division du camp palestinien entre Fatah et Hamas mais aussi à cause du « durcissement » de la position israélienne autour du Premier ministre Benjamin Netanyahou, « qui n'est certainement pas une colombe ». La situation est aussi compliquée par le fait que « chez la plupart des juifs, pas seulement les juifs croyants mais aussi les non-croyants, il y a cette croyance d'avoir raison », a dit M. De Gucht. Or, a-t-il poursuivi, « il est difficile de lutter contre la croyance à l'aide d'arguments rationnels ». « Il n'est pas facile, même avec un juif modéré, d'avoir une conversation rationnelle » sur la politique israélienne au Proche-Orient. « C'est une question particulièrement émotionnelle » pour le peuple hébreu, a conclu l'ancien ministre belge des Affaires étrangères. M. De Gucht a aussi estimé que les États-Unis sont « les seuls » capables d'exercer une pression sur Israël « mais le lobby juif à Capitol Hill ne doit pas être sous-estimé ». « C'est le lobby le mieux organisé » actif à Washington qui a une véritable prise sur la politique de l'administration américaine qu'elle soit démocrate ou républicaine, a estimé le commissaire.

Le franc-parler de M. De Gucht contraste avec la déclaration, plus positive, publiée jeudi 2 septembre par Catherine Ashton, à l'occasion de la reprise des négociations israélo-palestiniennes. « J'attends avec intérêt l'aboutissement de ces négociations, d'ici un an », a notamment déclaré la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères.

Les déclarations de M. De Gucht ont été condamnées par le Congrès juif européen (European Jewish Congress, EJC) qui les juge « outrageusement antisémites » et qui a exigé des excuses. « Cela fait partie d'une tendance dangereuse de provocation à l'encontre des juifs et d'Israël en Europe, qui doit être éradiquée immédiatement», estime le EJC

Vendredi 3 septembre, le porte-parole de la Commission a publiquement pris ses distances vis-à-vis de M. De Gucht affirmant devant la presse que les propos du commissaire reflétaient « son opinion personnelle et pas celle de la Commission ». Plus tard dans l'après-midi, M. De Gucht a publié une déclaration écrite dans laquelle il regrette que ses commentaires « personnels » aient été « interprétés dans un sens que je n'ai pas voulu ». « Je n'ai pas voulu offenser ou stigmatiser la communauté juive », insiste M. De Gucht soulignant que « l'antisémitisme (…) est fondamentalement opposé à nos valeurs européennes ». (H.B.)

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