Washington, 22/06/2010 (Agence Europe) - Á l'heure où les Européens se posent la question de savoir s'il faut légiférer sur l'utilisation des scanners corporels dans les aéroports, les États-Unis entendent montrer à leurs collègues qu'il est possible de réconcilier cette technologie et la protection de la vie privée. « Nous avons décidé de mettre en place des garanties en termes de vie privée qui n'ont encore jamais été mises en œuvre dans les aéroports européens », a indiqué, lundi 21 juin, Mary Ellen Callahan, la responsable des questions liées à la protection de la vie privée au département américain à la Sécurité intérieure (DHS). Selon elle, une série de principes concernant la garantie de la vie privée a ainsi été mise en place. « Tout d'abord, et quelle qu'en soit la raison, fût-elle religieuse, les personnes doivent avoir le choix entre le détecteur de métaux avec la palpation ou seulement la palpation », a-t-elle déclaré. Ensuite, « nous avons décidé qu'aucune information ne sera retenue car il n'y a pas besoin de stocker les images », a-t-elle précisé. Quant au visionnage de l'image elle-même, Mme Callahan a rappelé qu'une salle fermée, et à l'écart des personnes qui effectuent les contrôles, était utilisée. « Il ne faut pas prendre cela à la légère. Il y a un risque sérieux d'abus » par des personnes malintentionnées, a-t-elle affirmé. « Nous brouillons aussi l'image faciale pour que les traits soient rendus suffisamment anonymes et nous changeons aussi le filtre de l'image de manière à cacher les spécificités tout en gardant les anomalies », a-t-elle dit. Pour la responsable du DHS, il est essentiel que ces protections soient mises en place avant de mettre en place de telles technologies dans les aéroports. L'application de garanties relatives aux scanners corporels sera également « la clef » en Europe, a-t-elle prédit. La semaine dernière, la Commission européenne a donné un avis favorable sur la technologie de scannage en insistant sur les normes européennes de détection (EUROPE n° 10160). À ce stade, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la France, la Finlande et l'Italie testent les scanners dans leurs aéroports. Les États-Unis prévoient déjà de déployer jusqu'à 450 scanners corporels d'ici à la fin de l'année sur leur territoire et 1800 scanners d'ici à 2014. (B.C.)