Bruxelles, 22/06/2010 (Agence Europe) - À l'occasion d'un échange de vues avec le directeur général à la DG Mobilité et Transport de la Commission européenne, Matthias Ruete, lundi 21 juin, les membres de la commission « Transports » du Parlement européen sont restés perplexes concernant la question de l'introduction dans les aéroports européens des scanners corporels. Ceci, malgré un rapport d'analyse adopté la semaine dernière par le Collège des commissaires qui écartait la plupart des craintes des parlementaires sur l'usage de cette nouvelle technologie (EUROPE n° 10160). « Pourquoi nous donnons-nous la peine d'appliquer des technologies aussi pointues » alors que dans certains aéroports « il suffit de grimper par la clôture pour arriver jusqu'aux aéronefs ? », a fait remarquer le député Artur Zasada (PPE, polonais). Rien qu'à l'aéroport de Bruxelles, « en une heure, j'ai trouvé deux moyens pour m'infiltrer avec une bombe », a-t-il ajouté. « Je veux des normes qui limitent » l'impact des scanners sur les droits fondamentaux et la santé des passagers, mais « je ne suis pas d'accord avec l'obligation d'utiliser cette technologie », a pour sa part insisté Eva Lichtenberger (Verts/ALE, autrichienne) alors qu'au contraire, le conservateur néerlandais Peter van Dalen s'est demandé pourquoi la Commission ne recommandait pas l'usage obligatoire de la technologie de scannage dans les aéroports « de plus d'un million de passagers ». Mathieu Grosch (PPE, belge) a tenté de savoir si la Commission avait déjà les « indications techniques pour la reconnaissance mutuelle » ou le stockage de données des personnes scannées. Selon Saïd El Khadraoui (S&D, belge), « l'approche européenne serait recommandable », alors que Gesine Meissner (ADLE, allemande) a estimé que les scanners seraient mieux « qu'une fouille corporelle ». Comme la plupart de ses confrères, elle a toutefois remarqué qu'un nombre de questions resteraient sans réponse, surtout celles du financement, du poids des bagages, sans compter les problèmes de refus (de passer par le contrôle pour des raisons culturelles). Selon M. Ruete, la Commission fera probablement des propositions, dans le cadre du règlement cadre (règlement 300/2008) sur la sûreté aérienne, visant à autoriser l'usage des scanners en tant qu'un des moyens admis en matière de contrôle de sûreté dans les aéroports européens. Les questions relatives à la santé ainsi qu'aux droits fondamentaux feront « partie du débat sur les mesures d'application » de cette technologie, a-t-il rappelé. Et de lancer aux députés que la Commission comptait sur eux pour « pour définir un cadre qui empêcherait les terroristes de passer et respecterait en même temps les règles de la dignité humaine ». (A.By.)