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Bulletin Quotidien Europe N° 10165
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/industrie

Risque de pénuries pour 14 matières premières minérales

Bruxelles, 22/06/2010 (Agence Europe) - Dans un rapport publié jeudi 17 juin, la Commission européenne met en garde contre le risque de pénuries d'approvisionnement de l'UE pour 14 matières premières minérales essentielles pour l'industrie européenne, en particulier dans le secteur de haute technologie et des produits de consommation courante, tels que les téléphones mobiles, les cellules photovoltaïques en couches minces, les batteries ion lithium, les câbles à fibres optiques ou encore les carburants de synthèse.

Faisant l'objet d'une demande accrue née de l'essor des économies émergentes et du développement des nouvelles technologies, certaines matières premières essentielles pour l'industrie européenne commencent à faire défaut. La situation est telle qu'un groupe d'experts de la Commission européenne juge « critique » l'accès de l'industrie européenne à 14 matières premières sur un total de 41 minéraux et métaux examinés. Une situation qui, à terme, menace la place de l'industrie européenne dans certains secteurs, en particulier celui du high tech. Selon le groupe d'experts, les 14 matières premières minérales suivantes sont d'une importance critique pour l'UE: il s'agit de l'antimoine, du béryllium, du cobalt, du spath fluor, du gallium, du germanium, du graphite, de l'indium, du magnésium, du niobium, des métaux du groupe du platine, des terres rares, du tantale et du tungstène. Les prévisions indiquent que, pour certaines matières premières critiques, le niveau de la demande en 2030 pourrait tripler par rapport à 2006.

Les technologies émergentes sont les moteurs de la demande de matières premières critiques. Est considéré comme critique, aux yeux des experts de la Commission, l'approvisionnement des matières premières pour les secteurs suivants: - l'antimoine pour l'oxyde d'antimoine et d'étain et les microcondensateurs ; - le cobalt pour les batteries ion lithium et les carburants de synthèse ; - le gallium pour les cellules photovoltaïques, les circuits intégrés et les diodes électroluminescentes blanches ; - le germanium pour les câbles à fibres optiques et les technologies optiques infrarouges ; - l'indium pour les écrans d'affichage et les cellules photovoltaïques en couches minces ; - le platine pour les piles à combustible et les catalyseurs ; - le palladium (métaux du groupe platine) pour les catalyseurs et le dessalement d'eau de mer ; - le niobium pour les microcondensateurs et les ferro-alliages ; - le néodyme (terres rares) pour les aimants permanents et la technologie laser ; - le tantale pour les microcondensateurs et la technologie médicale.

Sur le plan de l'approvisionnement, les risques s'expliquent en grande partie par la concentration d'une grande partie de la production mondiale de matières premières entre les mains d'un nombre très restreint de pays, comme la Chine (antimoine, spath fluor, gallium, germanium, graphite, indium, magnésium, terres rares, tungstène), la Russie (métaux du groupe du platine), la République démocratique du Congo (cobalt, tantale) ou encore le Brésil (niobium et tantale). Une concentration d'autant plus problématique qu'elle va de pair avec, à la fois, une faible substituabilité des métaux et minerais concernés et des taux de recyclage faibles.

Sur le plan des marchés et du commerce de matières premières, de nombreuses économies émergentes s'appuient sur des stratégies de développement industriel fondées sur des instruments commerciaux, fiscaux et d'investissement conçus pour leur réserver une exploitation exclusive de leurs ressources.

Pour dépasser les problèmes actuels, le groupe d'experts propose d'actualiser tous les cinq ans la liste des matières premières critiques de l'UE et d'élargir le champ de l'évaluation de la criticité. Il prône ensuite l'adoption de mesures stratégiques pour améliorer l'accès aux ressources primaires et augmenter leur recyclage. Il préconise de substituer certaines matières premières critiques, notamment en favorisant la R&D sur les produits de substitution. Enfin, il recommande d'améliorer l'efficacité matérielle globale des matières premières critiques. « Nous avons besoin de conditions équitables sur les marchés extérieurs et d'un cadre efficace conçu pour favoriser un approvisionnement durable en matières premières à partir de sources internes à l'UE », estime le commissaire européen à l'Industrie, Antonio Tajani. Les recommandations mises en avant dans le rapport du groupe d'experts alimenteront la communication sur la stratégie pour l'accès aux matières premières, que la Commission rendra à l'automne prochain. (E.H.)

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