Bruxelles, 18/10/2010 (Agence Europe) - Les États membres de l'Union européenne persistent à ne pas prendre en compte les avis du l'Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) lorsqu'il est question d'expulsions de migrants, a déploré, mercredi 16 juin, Thomas Hammarberg, le Commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe. « Les avis du HCR ne trouvent pas l'écho qu'ils méritent auprès des gouvernements et des organismes étatiques en Europe. Récemment, plusieurs recommandations fermes du HCR ont tout simplement été ignorées », a-t-il déploré, dans un commentaire publié sur le site du Conseil du l'Europe. Le 9 juin 2010, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et le Royaume-Uni ont participé à une opération coordonnée par l'agence Frontex, qui consistait à expulser 56 Irakiens déboutés du droit d'asile. Des dispositions ont été prises pour les renvoyer de force à Bagdad. Cette opération a été menée au mépris de l'avis du HCR de continuer à garantir la protection internationale aux demandeurs d'asile irakiens originaires de certaines régions, dont la capitale, estime le commissaire. Il s'est également dit particulièrement préoccupé par la politique destinée à intercepter les migrants qui tentent d'atteindre les côtes européennes et à les ramener à leur point de départ, sans leur donner aucune possibilité de demander l'asile. « Des accords intergouvernementaux conclus avec la Libye confient à ce pays le soin de protéger les pays européens en empêchant les migrants de rallier l'Europe par la Méditerranée, sans tenir compte de la situation de ces personnes », a-t-il souligné. Et M. Hammarberg de poursuivre: « En renvoyant de force des personnes dans des pays où elles risquent de subir de mauvais traitements, ou d'être expulsées vers des pays tiers dangereux pour elles, les États européens se rendent en fait coupables de violations des droits de l'Homme ». Pour lui, la situation s'est encore aggravée depuis que les autorités libyennes ont ordonné la fermeture du bureau du HCR, la semaine dernière. L'agence ne pourra donc plus apporter aucune protection aux personnes refoulées vers la Libye, à moins que les autorités libyennes ne revoient leur position concernant la présence du HCR, a-t-il prévenu. Par conséquent, le commissaire demande aux gouvernements de coopérer étroitement avec le HCR, en soulignant que « l'absence de coopération mettrait des vies humaines en danger et risquerait d'affaiblir un système de protection international dont nous avons cruellement besoin, aujourd'hui plus que jamais ». (B.C.)