Bruxelles, 06/05/2010 (Agence Europe) - La Tunisie et l'UE réuniront, mardi 11 mai, leur conseil d'association dont un des points majeurs à l'ordre du jour sera d'examiner les suites à donner à la demande tunisienne, présentée en mars, de bénéficier d'un « statut avancé » à l'instar du Maroc. Dans l'ensemble, le dossier ne comporte aucun contentieux particulier, sauf d'un côté, l'espoir tunisien de bénéficier d'un soutien accru au développement de son économie et à son ancrage dans l'espace européen et, de l'autre, celui de l'UE d'ouvrir les marchés au commerce des services, d'améliorer les échanges agricoles et d'encourager la Tunisie à se prêter à un dialogue politique renforcé. L'UE, qui marque à chaque circonstance sa préférence en faveur de l'incitation plutôt que des sanctions, entend favoriser l'ouverture politique dans un pays constamment pointé du doigt par les associations de défense des libertés comme par quelques parlementaires européens.
Dans l'ensemble, le dialogue euro-tunisien se veut serein et orienté vers la réalisation des objectifs économiques et la Tunisie est désormais en total libre-échange industriel avec l'Europe des 27. Le ministre tunisien de l'Industrie et de la Technologie, Afif Chelbi, a récemment encore témoigné de sa satisfaction concernant la mise en oeuvre de la coopération industrielle euro-tunisienne engagée depuis trois décennies. Au cours d'un forum, fin avril, consacré aux « 30 ans de coopération », en présence de l'ambassadeur de l'UE, Adrianus Koetsenruijter, il a mis en avant les résultats positifs de cette coopération. Il a estimé que « les défis imposés à l'industrie tunisienne comme européenne nécessitent l'accélération de la dynamique de partenariat » qui est à placer dans le cadre du « statut avancé » revendiqué. Les exportations industrielles vers l'UE ont été multipliées par vingt en 30 ans (passant, a précisé le ministre, d'un demi-milliard d'euros en 1980 à 10 milliards d'euros en 2009 et les importations de produits industriels européens sont passées de 400 millions d'euros en 1980 à 9 milliards en 2009). Plus significatif serait le nombre d'entreprises européennes implantées en Tunisie. « Plus de 2200 entreprises européennes opèrent aujourd'hui en Tunisie », grâce notamment aux programmes d'appui de l'UE qui ont « fortement favorisé cette mutation ». M. Chelbi défend l'idée, non pas de délocalisations dans son pays, mais d'oeuvrer en commun. « Si l'Europe ne veut pas devenir, à terme, une friche industrielle, un continent sans usines. Son avenir dans ce secteur est lié au renforcement de ses liens avec les pays de proximité tels que la Tunisie ». Car, « contrairement à certaines idées reçues, lorsqu'une entreprise européenne s'implante en Tunisie, elle pérennise, dans la majorité des cas, l'emploi en Europe (...) Les délocalisations au Sud ne détruisent pas les emplois au Nord », selon le ministre. Il affirme ainsi que « les relais de croissance se situent au Sud ». Ce serait, selon le ministre Chelbi, un défi commun à relever face à la mondialisation: « La part des pays émergents dans la production industrielle mondiale a dépassé 50 % l'année dernière » alors que l'Europe « connaît depuis 30 ans une désindustrialisation massive ». (F.B.)