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Bulletin Quotidien Europe N° 10085
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/Éducation

Audition publique sur les universités européennes

Bruxelles, 24/02/2010 (Agence Europe) - La commission de l'éducation et de la culture du Parlement européen a organisé, mardi 23 février, une audition publique sur les universités européennes, dans le cadre du projet de rapport préparé par le Hongrois Pál Schmitt (PPE), intitulé « Le dialogue université-entreprise: un nouveau partenariat pour la modernisation des universités en Europe ». Mobilité, excellence, autonomie, ouverture, apprentissage tout au long de la vie sont les mots-clés venus émailler le discours des experts. Comme le souligne une étude de la société Deloitte (« Further developing the University-Business Dialogue ») que sont venus présenter deux experts, l'Union européenne mise sur la connaissance et l'innovation pour retrouver le chemin de la croissance, comme en témoigne la stratégie de Lisbonne, la nouvelle stratégie UE 2020 et l'initiative de la Commission « des compétences nouvelles pour des emplois nouveaux ».

Aujourd'hui plus que jamais, les universités ne peuvent être un espace clos, a souligné dans son allocution Doina Carp, directrice du National Centre for Training Staff Working in Secondary Level Education. Si les tâches principales des universités restent l'éducation et la recherche, elles doivent aujourd'hui prendre en compte un nouveau paramètre, l'innovation, et développer l'esprit d'entreprise, remarque-t-elle. Soulignant que les universités européennes restent organisées aux niveaux régional et national, elle salue le processus de Bologne qui tente de trouver un cadre plus ou moins cohérent et compatible, indispensable dans le processus de mondialisation actuel. De nouveaux défis se posent dans un environnement en profonde mutation, qui obligent les universités à s'adapter et se transformer. Aujourd'hui plus que jamais, les professeurs doivent avoir une formation de haut niveau non seulement pour offrir aux élèves l'apprentissage qu'ils sont en droit d'attendre au XXIème siècle, mais aussi pour susciter leur désir d'apprendre. Pour Róbert Gábriel, recteur de l'Université de Pécs en Hongrie, les universités doivent être flexibles, autonomes, utiliser des technologies de pointe et répondre davantage aux besoins de la société. Il constate un déséquilibre entre la demande du monde économique, qui recherche toujours plus de diplômés dans les matières scientifiques et techniques, et l'offre émanant des universités, qui propose surtout des diplômés en sciences humaines. Les universités sont confrontées par ailleurs à un autre problème: les transferts de crédits. Malgré le système européen mis en place, qui doit en principe faciliter la reconnaissance des qualifications d'un État membre à l'autre, cette reconnaissance n'existe pas encore dans les faits, entravant la mobilité des étudiants. Sir Howard Newby, vice-chancelier de l'Université de Liverpool, a mis en exergue le manque de ressources des universités pour accomplir leur mission de plus en plus complexe. Il plaide pour une augmentation de l'autonomie des universités afin qu'elles puissent opérer des choix judicieux. Un enjeu crucial compte tenu des défis supplémentaires posés par la mondialisation, où chaque pays, voire continent, tente d'attirer et de garder les étudiants les plus talentueux. Membre de la German Free Union of Student Bodies, Florian Kaiser a apporté un éclairage différent à la discussion. Pour lui, le processus de Bologne est aujourd'hui loin d'être efficace: l'élitisme subsiste, il y a dilution des responsabilités entre les différents acteurs, la mobilité est limitée au sein même des facultés, les modules proposés sont trop longs et il existe un problème de reconnaissance de ces modules d'un État membre à l'autre. Enfin, en ce qui concerne l'apprentissage tout au long de la vie, l'objectif est ambitieux et il existe encore trop d'obstacles pour que cela devienne une réalité, selon lui.

L'Union européenne cible clairement l'éducation comme réponse à la crise économique, c'est au cœur de la stratégie 2020, et il faut arriver à l'excellence à tous les niveaux, a souligné, pour sa part, un représentant de la Commission européenne. Si les réformes ont été suivies à des rythmes différents dans les pays qui participent au processus de Bologne, la situation s'est globalement améliorée, a-t-il affirmé. Le problème urgent qu'il faut résoudre actuellement, c'est une trop grande fragmentation qui existe toujours entre les différents systèmes européens. Ceux-ci sont, par ailleurs, trop réglementés et sous-financés. Un autre problème est la mobilité, loin d'être acquise et qu'il faut augmenter. Trois grandes réformes sont à envisager pour une modernisation efficace de l'enseignement supérieur en Europe: la première est à opérer au niveau de l'employabilité (programmes plus compatibles avec la demande du marché du travail), la seconde au niveau de la gouvernance (plus d'autonomie pour les universités) et la troisième au niveau du financement (plus de fonds et provenant de sources diversifiées). En 2011, une nouvelle communication sera publiée sur la modernisation des universités. Elle prendra la relève de la communication de 2006, a conclu la Commission européenne.

Une série de questions-réponses a suivi les exposés. Le député parlementaire européen slovène Milan Zver (PPE) a souligné un problème supplémentaire perceptible en Europe: le retard plus conséquent des pays d'Europe centrale et de l'Est dans la réforme des universités. Gianni Vattimo (ALDE, italien) s'est dit « désespéré » par les problèmes récurrents des universités. Selon lui, les gouvernements réduisent toujours plus les budgets pour l'enseignement et la recherche. Et pour Petra Kammerevert (S-D, allemande), les objectifs de Bologne ne sont pas atteints et l'Europe doit mieux réfléchir aux moyens à mettre en œuvre pour les réaliser. (I.L.)

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