login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10076
Sommaire Publication complète Par article 18 / 31
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) pe/terrorisme

L'échange de renseignements doit être plus efficace

Bruxelles, 11/02/2010 (Agence Europe) - La lutte contre le terrorisme reste d'actualité pour le Parlement européen, qui a pu interroger mercredi Conseil et Commission sur la problématique des scanners corporels (EUROPE n° 10075) et sur le fonctionnement des services de renseignement dans les stratégies anti-terroristes.

En présentant la position de la Commission européenne sur ce dernier point, sa vice-présidente, Cecilia Malmström, a rappelé que la responsabilité finale en matière de renseignements incombe aux États, tout en annonçant une évaluation de tout ce qui a été fait dans ce domaine: il faut savoir ce que nous avons, ses effets, ce qui manque, ce qui se recoupe, afin de proposer des mesures plus efficaces. Je suis consciente du fait que la menace terroriste n'a pas diminué, a dit Mme Malmström, en citant les chiffres d'Europol: en 2008, les États membres ont fait état de 515 attentats terroristes réalisés ou déjoués, dont un grand pourcentage pilotés par Al Qaida ou l'ETA. La stratégie anti-terroriste adoptée après les attentats de Londres et de Madrid tient toujours compte du respect des droits fondamentaux: c'est « une exigence et une nécessité » si les politiques de l'Union doivent rester crédibles. Le terrorisme est un phénomène global, il faut donc coopérer avec nos alliés et avec les organisations internationales, a confirmé Mme Malmström. Les tâches à l'intérieur de l'Union comprennent la lutte contre la radicalisation, la protection des infrastructures, l'aide aux victimes, l'amélioration de la détection de la menace, l'identification des sources de financement du terrorisme. Le mandat d'arrêt européen est un élément de cette stratégie, ainsi que la lutte contre l'utilisation abusive d'Internet à des fins terroristes. Ceci dit, des améliorations s'imposent: la Commission va faire des propositions en ce qui concerne les précurseurs d'explosifs et, de façon plus générale, améliorer les échanges sur les meilleures pratiques et s'attaquer à la réalisation de tous les éléments du programme de Stockholm. Mmes Reding et Malmström vont enfin élaborer conjointement un programme de protection des données, dans le cadre de la stratégie de sécurité interne, programme que la vice-présidente espère présenter prochainement au Parlement.

Tout ça est bien beau, mais ce qui compte c'est la coopération des services concernés dans la pratique et l'exploitation des données, selon l'Allemand Manfred Weber (PPE), qui est un peu déçu par les résultats de la réunion de Tolède. Pour le groupe S&D, le Belge Saïd El Khadraoui a plaidé pour une approche globale de la sécurité, en invitant à ne pas placer trop d'espoir dans les scanners corporels. Ils ne sont pas la panacée, a estimé aussi, pour le groupe ADLE, l'Allemande Gésine Meissner, qui s'interroge aussi sur les coûts de cette nouvelle technologie: qui va les payer ? La sécurité totale n'existe pas, rappelle, pour les Verts, la Néerlandaise Judith Sargentini et le Portugais Rui Tavares (GUE/NGL) partage son scepticisme sur l'infaillibilité de cette technique. Opinion qui n'est pas partagée par le Néerlandais Peter van Dalen (ECR) ; les scanners émettent des rayons plus faibles que les téléphones mobiles, affirme-t-il, et ils sont faciles à utiliser, adoptons-les. Face au terrorisme, il faut anticiper, estime l'Espagnole Teresa Jiménez (PPE), en disant à ceux qui insistent sur les libertés individuelles: « La plus grande liberté est celle de la vie, défendons-la ». Comment le système des scanners peut-il fonctionner correctement, s'est demandé le Portugais Carlos Coelho (PPE), si certains pays veulent le rendre obligatoire et d'autres donnent aux passagers la liberté d'accepter ou de refuser le scanner au profit de systèmes de contrôle « classiques » ? Par exemple le « profiling » des passagers, suggère le Britannique Philip Bradbourn (ECR), en ajoutant: « Je regrette de dire que nous avons besoin d'un système de profiling efficace ».

D'autres élus ont plaidé surtout pour les bons vieux services de renseignement, mais en demandant qu'on améliore leur fonctionnement. L'information doit circuler: « Or, rien n'est moins sûr », a constaté le Luxembourgeois Charles Goerens (ADLE), qui insiste sur le respect du principe de la réciprocité dans les échanges de renseignements et plaide vigoureusement pour la mise en place d'une commission de contrôle parlementaire sur ces questions au sein du Parlement européen. Les services de renseignement doivent être « responsables » de leurs agissements, a martelé à son tour la Britannique Sarah Ludford (ADLE), qui a fustigé les services britanniques pour avoir été impliqués dans des cas de torture et demandé que les responsables soient jugés et, si nécessaire, punis. Sans le niveau le plus élevé de coopération des systèmes d'intelligence, la lutte contre le terrorisme ne pourra pas être efficace, a estimé l'Italien Carlo Fidanza (PPE). Et l'Irlandaise Diane Dodds (NI) a rappelé le rôle des services de renseignement dans la lutte contre le terrorisme dans son pays, en invitant tous les États membres à doter ces services des moyens dont ils ont besoin. (L.G.)

Sommaire

RÉUNION INFORMELLE DES CHEFS D'ÉTAT OU DE GOUVERNEMENT
JOURNÉE POLITIQUE
INFORMATIONS GÉNÉRALES