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Bulletin Quotidien Europe N° 10076
RÉUNION INFORMELLE DES CHEFS D'ÉTAT OU DE GOUVERNEMENT / (eu) ue/conseil europÉen

Les dirigeants européens affichent leur solidarité avec la Grèce et s'engagent à agir si nécessaire

Bruxelles, 11/02/2010 (Agence Europe) - Les préoccupations grandissantes concernant la stabilité de la zone euro ont éclipsé les autres sujets à l'ordre du jour de la réunion informelle des chefs d'État ou de gouvernement, jeudi 11 février. Initialement consacré à la stratégie économique de l'UE à l'horizon 2020, le Sommet a surtout été marqué par l'adoption d'une déclaration assurant la solidarité de l'UE avec la Grèce, mais sans envisager les modalités pratiques d'un éventuel soutien.

Grèce. Très attendu, le message des dirigeants européens sur la situation en Grèce a surtout valeur de soutien politique et psychologique à l'action du gouvernement de George Papandreou. En martelant leur confiance et leur détermination, les Vingt-sept espèrent rassurer les marchés et ne pas avoir, du même coup, à aller plus loin. Si les chefs d'État ou de gouvernement n'ont pas dévoilé comment ils comptent s'y prendre, ils ont néanmoins ouvert la porte à un possible soutien plus direct à la Grèce, en réaffirmant qu'ils agiront pour prévenir toute déstabilisation de la zone euro. Dans une déclaration adoptée après plusieurs rencontres bilatérales autour d'Herman Van Rompuy, ils soulignent la responsabilité partagée de tous les pays ayant adopté la monnaie unique (et seulement eux) d'assurer la stabilité de la zone euro. « Les États membres de la zone euro prendront des mesures déterminées et coordonnées, si nécessaire, pour préserver la stabilité financière de la zone euro dans son ensemble », assurent-ils, en précisant simplement que « le gouvernement grec n'a demandé aucun soutien financier ». Pour le reste, le texte réaffirme le plein soutien de l'UE aux efforts du gouvernement grec et prend note de l'engagement de ce dernier à adopter les mesures nécessaires, y compris l'adoption de mesures additionnelles, afin de respecter ses objectifs (en particulier pour réduire le déficit budgétaire de 4% en 2010). Il appelle enfin le Conseil ÉCOFIN du 16 février à adopter les différentes recommandations présentées par la Commission européenne la semaine dernière (EUROPE n° 10070). Conformément au dispositif de suivi qu'elle a préconisé, la Commission sera alors chargée de surveiller étroitement, « en liaison avec la BCE », la mise en œuvre des mesures par la Grèce. Elle pourra proposer « les mesures additionnelles nécessaires en s'appuyant sur l'expertise technique du FMI ». La première évaluation sera faite en mars, confirme enfin la déclaration.

Les modalités d'une intervention restent délibérément nébuleuses. Rien n'a été officialisé à ce stade et rien ne le sera jusqu'au moment où il sera nécessaire d'activer un tel soutien. Les travaux se poursuivront dans les semaines (mois) à venir, au niveau de l'Eurogroupe et du Conseil ÉCOFIN. Ces discussions porteront sur la coordination des actions qui seront avant tout bilatérales, un soutien intergouvernemental, par les États membres désireux d'intervenir, étant privilégié à ce stade. Devant la presse, M. Van Rompuy a refusé de préciser si la référence faite dans la déclaration à d'éventuelles mesures coordonnées pouvait signifier que la Commission et le Conseil européen étaient disposés à activer l'article 122.2 du traité sur le fonctionnement de l'UE (selon cet article, une assistance financière de l'UE peut être accordée lorsqu'un État membre connaît des difficultés en cas d'événement exceptionnel échappant à son contrôle). « On est tombé d'accord d'une façon assez aisée », a souligné le président du Conseil européen, en rappelant que le texte traduisait « une volonté politique très claire et très ferme ». Alors que les réactions des marchés qui ont suivi l'annonce suggèrent que les opérateurs n'ont pas été totalement convaincus par cette déclaration, M. Van Rompuy précise qu'il est « trop tôt pour juger ce texte politique ». Nous sommes tout à fait engagés dans une double voie: « La voie de la responsabilité, qui incombe au gouvernement grec, et celle de la solidarité, si c'est nécessaire ». Cette solidarité peut-elle s'étendre à d'autres pays ? « Nous n'avons parlé que de la Grèce », sans évoquer d'autres pays, a-t-il encore assuré.

José Manuel Barroso s'est aussi félicité de cette position de l'UE au plus haut niveau, par laquelle « nous exprimons toute notre confiance à l'encontre de la Grèce et de la zone euro ». Selon le président de la Commission, « en défendant un de nos membres, c'est toute notre économie que nous défendons ». Refusant lui aussi de spéculer sur les suites à donner à ce message politique, M. Barroso explique que « la question des engagements (financiers) n'a pas été évoquée parce que le gouvernement grec a dit qu'il n'en avait pas besoin ».

Stratégie 2020. « Moins d'objectifs, des objectifs quantifiables, des objectifs différenciés tenant compte de la stratégie de chaque pays », voilà ce qui doit figurer dans cette stratégie, selon M. Van Rompuy. Sur le volet gouvernance de cette stratégie, « le Conseil européen fait preuve d'ambition » et « d'audace », a-t-il estimé, en reconnaissant: « Nous n'avons pas parlé de sanctions », même si un contrôle sera nécessaire, de sorte que « tout le monde se sente impliqué et qu'on puisse mesurer les progrès ». Quant à savoir si le Conseil européen a tracé la voie vers un gouvernement économique européen, il répète que ce concept doit être « plus qu'un credo » et qu'il peut « s'interpréter de différentes manières ». Sur le volet extérieur, « en tant qu'UE, il nous faudra explorer des pistes pour être plus présent sur le plan mondial et participer au processus décisionnel », notamment au G20.

Climat et Haïti. « Le climat a été abordé juste à la fin de la réunion, mais pas en profondeur. Nous avons décidé d'inscrire ce sujet parmi les tous premiers points du Sommet de mars. Une note stratégique de la Commission européenne sera présentée », a déclaré Herman Van Rompuy. Selon lui, « Copenhague a été un révélateur » du besoin de coordination entre Européens « si nous voulons continuer à peser sur la scène internationale ». José Manuel Barroso a ajouté que la Haute représentante Ashton « demande de l'assistance militaire supplémentaire pour faire face aux besoins pressants d'Haïti, en réponse au deuxième appel du président haïtien et de Ban Ki-moon ».

La zone euro a envoyé « un message politique fort » aux marchés,
selon George Papandréou

Intervenant bien après le départ de la majorité de ses homologues, le premier ministre grec, George Papandréou, a reconnu « l'amère vérité » selon laquelle la Grèce faisait face à « des défis sérieux engendrés par de très lourdes erreurs du passé ». Il n'a pas caché que, face à une des crises les plus importantes de son histoire moderne, Athènes avait perdu une part de « crédibilité » aux yeux des États membres et sur la scène internationale, et partant « une part de sa souveraineté ». Selon lui, l'UE et les pays de l'Eurogroupe ont envoyé ce jeudi « un message politique fort » visant à avertir « les spéculateurs » financiers: si nécessaire, ces pays agiront de manière coordonnée pour protéger et stabiliser la zone euro. Nous n'avons pas discuté dans le détail les modalités du mécanisme d'aide qui pourrait voir le jour, « car nous croyons que ce message politique sera suffisant pour les marchés », a-t-il souligné, mais une telle question constituera « un enjeu pour le futur ». M. Papandréou a assuré sans relâche que le gouvernement grec allait remplir ses engagements en mettant en œuvre intégralement les mesures structurelles draconiennes prévues dans son programme de stabilité afin de réduire de « 4% » le déficit national cette année. Pour cela, il compte notamment sur la lutte contre l'évasion et la fraude fiscales. « Si nous ne réussissons pas à combattre ce phénomène, la situation sera encore pire », a-t-il prévenu. Quant à d'éventuelles « mesures additionnelles », elles ne seront adoptées que lorsque cela est nécessaire. Qui va suivre la mise en œuvre des engagements pris par Athènes ? Le Premier ministre grec a reconnu que son pays était « sous observation » de la part de la Commission européenne, du Conseil ÉCOFIN et de l'Eurogroupe. Nous avions déjà demandé une assistance « technique » mais « pas économique » au Fonds monétaire international, a-t-il ajouté, avant de démentir qu'un envoyé de la Commission ou de la Banque centrale européenne serait dépêché au pied de l'Acropole.

Angela Merkel et Nicolas Sarkozy: « Message de solidarité et de rigueur » des 27 sur
la Grèce - « Consensus » pour confier au Conseil européen le rôle
de « gouvernement économique » de l'UE

La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, Nicolas Sarkzoy, ont tenu une conférence de presse commune à l'issue de la réunion pour exprimer, ensemble, leur satisfaction à la fois sur la déclaration adoptée sur la Grèce et sur les progrès réalisés en matière de gouvernance économique.

Situation financière de la Grèce. La déclaration est « forte et sans ambiguïté » car elle contient tous les éléments requis pour l'instant, a expliqué M. Sarkozy: « Notre soutien à la Grèce, la crédibilité que nous accordons aux engagements du gouvernement grec, l'accord de la Commission et de la BCE sur les mesures prises et l'engagement du gouvernement grec de faire davantage pour respecter la réduction des 4% (du déficit budgétaire en 2010) si c'était nécessaire ». En plus, la mise en place d'une surveillance mensuelle permettra de suivre de très près le respect du programme d'assainissement budgétaire, a-t-il salué. « Dans ces conditions, nous avons décidé de soutenir la Grèce et son plan (…) Il s'agit d'un engagement de rigueur et de solidarité du côté européen et d'un engagement de rigueur et de transparence du côté grec », a dit le président français qui a souligné que l'Allemagne et la France ont mené ce débat « main dans la main ».

La déclaration sur la Grèce constitue un « signal politique très clair » aux marchés, car elle confirme l'engagement du gouvernement grec de réduire son déficit budgétaire de 4% en 2010 et de prendre, si nécessaire, des mesures supplémentaires pour y arriver, a aussi souligné Mme Merkel. « Tous les États membres de la zone euro confirment donc qu'ils sont tenus par le Pacte de stabilité et de croissance », insiste-t-elle. « Nous, les autres pays, accompagnons et soutenons le processus (d'assainissement des finances publiques grecques). Nous sommes conscients de notre responsabilité. Nous appartenons à la même famille », a dit Mme Merkel. Cependant, a-t-elle poursuivi, « il y a des règles à respecter. C'est pourquoi il est important de souligner que la Grèce n'a pas demandé d'aide financière ». Elle a exprimé sa croyance que la déclaration permettra de rétablir la confiance sur les marchés.

Et si les mesures grecques annoncées et le soutien politique des 27 ne suffisaient pas pour décourager les spéculateurs ? Quelles mesures supplémentaires l'UE serait-elle prête à prendre ? Ni M. Sarkozy, ni Mme Merkel, ne veulent s'engager dans ce débat qu'ils jugent prématuré. «Il y aura un monitoring (du respect des mesures) chaque mois, le prochain en mars. À ce moment là, nous analyserons la situation » et l'UE pourrait alors, si nécessaire, être amenée à prendre d'autres mesures dont les modalités seraient « calibrées en fonction des évolutions », a dit M. Sarkozy aux journalistes. « S'il devait y avoir d'autres événements, peut-être que nous aurons alors une autre occasion de nous revoir. Mais la déclaration d'aujourd'hui est très claire. La Grèce fait partie de la zone euro, elle fait partie de l'Europe, nous soutenons la Grèce (…) Nous nous tenons à cette déclaration. Nous n'avons aucun intérêt et aucune intention de favoriser je ne sais quel mouvement intéressé dans la matière (…) Ce n'est pas notre rôle de créer des agitations et des spéculations, de favoriser la spéculation ou de nous projeter dans des scénarios de plus en plus difficiles (…) Nous avions une décision à prendre aujourd'hui et nous l'avons prise », a dit le président français.

Mme Merkel a aussi été très prudente. « Il faut traiter les problèmes quand ils surviennent», a-t-elle dit, rappelant encore une fois que la Grèce n'a demandé aucune aide financière mais, au contraire, a réitéré son engagement à prendre les mesures nécessaires sous la surveillance stricte et permanente de la Commission et de la BCE. « C'est le meilleur signal pour l'euro qui était possible aujourd'hui », a conclu la chancelière.

Stratégie économique « UE 2020 ». « Je n'ai pas entendu un seul pays contester la nécessité d'un gouvernement économique. Tout le monde était d'accord », a dit M. Sarkozy. « Dans le cadre du Conseil européen, on va évaluer la situation, coordonner les politiques, organiser des initiatives. Cela a fait l'objet d'un consensus autour de la table », a-t-il dit. Il y a aussi eu « consensus » sur le fait que l'Europe prenne des « décisions fortes » sur les questions telles que la réforme des marchés financiers, les suites de la réunion de Copenhague (changement climatique) et sur la volatilité des matières premières. « Sur toutes ces questions, nous allons travailler ensemble et nous ferons des propositions », a dit le président français qui a d'ailleurs salué l'« excellente initiative » du président Herman Van Rompuy d'avoir convoqué ce sommet informel.

« Nous disons que les États membres doivent mieux coopérer et tirer les leçons de la crise. Cela veut dire que nous, les 27 chefs d'État et de gouvernement, nous devons nous comprendre comme gouvernement économique, nous devons mieux nous cordonner et assurer une meilleure représentation vers l'extérieur », a dit Mme Merkel. La future stratégie économique de l'UE devrait être focalisée « sur quelques points essentiels qui doivent ensuite être respectés par tous ». « La crédibilité (des engagements à prendre) est l'élément le plus important », a-t-elle souligné. L'Allemagne et la France ont des objectifs très ambitieux pour la future Présidence française du G20, a poursuivi la chancelière qui réclame notamment une « nouvelle architecture des marchés financiers ». « La France et l'Allemagne, deux grands pays de l'Union, s'engagent à faire leur contribution en faveur d'une meilleure coordination européenne car une chose est claire: plus aucun pays ne peut atteindre ses objectifs en agissant seul. Nous appartenons tous à la même famille. La France et l'Allemagne veulent être des forces motrices pour faire avancer les choses », a dit Mme Merkel.

Jean-Claude Juncker: l'Eurogroupe sera solidaire de la Grèce moyennant certaines
conditions - exclusion de tout recours au FMI en zone euro

Sujet majeur du Sommet informel de ce jeudi 11 février, le cas grec. Après l'initiative du président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker de consulter, mercredi 10 février, les ministres des finances de l'Eurogroupe, ainsi que le président de la Banque centrale européenne (BCE) et le commissaire responsable de ce dossier, « nous avons atteint un accord sur une approche commune, à savoir que le gouvernement grec, après avoir déclaré prendre les mesures nécessaires pour une réduction de son déficit de 4 points de pourcentage du PIB, s'est dit prêt à prendre des mesures additionnelles à son plan d'ajustement en 2010, si cela s'avère nécessaire. Alors, l'ensemble de l'Eurogroupe serait solidaire de la Grèce et lui apporterait une aide coordonnée », a commenté M. Juncker à l'issue du Sommet informel. Devant la presse, il a insisté sur le fait que « les membres de l'Eurogroupe sont prêts à tout faire pour sauvegarder sa solidarité. Je suis très satisfait car la Grèce n'est pas seule, ni isolée », a-t-il dit en substance. Jean-Claude Juncker a indiqué avoir eu une réunion préparatoire avant le Sommet jeudi matin avec Herman Van Rompuy, José Manuel Barroso et Jean-Claude Trichet, pour se mettre d'accord sur la déclaration relative à la situation en Grèce.

À un journaliste qui lui posait la question de savoir s'il entérinait les propos du Premier ministre grec M. Papandréou comme quoi son pays était victime d'une conspiration, Jean-Claude Juncker a répondu: « Oui, je pense que M. Papandréou a raison. La Grèce souffre d'un lourd problème de corruption, et la morale fiscale n'est pas au-dessus de tout soupçon. La Grèce est seule responsable de sa situation ». N'y a-t-il pas de référence à des mécanismes d'aide à un pays de la zone euro qui ferait faillite ? a demandé une journaliste. « Dans ce cas, l'Eurogroupe aura une réaction déterminée. Un instrument européen paraît exclu. J'avais envisagé, avec l'Italie, la création d'eurobonds mais ma proposition n'a pas été retenue », a regretté Jean-Claude Juncker. « Quant à l'apport de l'Eurogroupe, s'il y a des aides bilatérales, celles-ci devront être coordonnées. Donc il faudra se mettre d'accord entre nous sur le montant que chaque État doit rembourser », a-t-il noté. Deux conclusions s'imposent aujourd'hui, a répété M. Juncker: « (1) si le plan d'ajustement actuel de la Grèce ne lui permet pas de réduire son déficit de 4 points de pourcentage du PIB, le gouvernement grec prendra les mesures additionnelles ; (2) si c'est le cas et si les marchés financiers suivent, l'Eurogroupe se tiendra prêt à aider la Grèce ». Il a poursuivi: « Si la Grèce fait tout ce qu'il faut, l'Eurozone aura une réponse déterminée et coordonnée. Nous n'aurons pas recours à l'article 122 du Traité, lequel traite des catastrophes naturelles ou d'événements qui échappent au contrôle du gouvernement. Le cas grec ne relève pas des catastrophes naturelles. Il est dû à un comportement grec erroné qui s'est étendu sur plusieurs années ! ». Et le rôle du Fonds monétaire international (FMI) dans tout cela ? La réponse de Jean-Claude Juncker a fusé: « J'exclus tout recours qui émanerait du FMI. Nous sommes en zone euro et cette zone a des instruments ! La zone euro a un déficit moyen de 6%, les États-Unis de 10%. Et les États-Unis ne s'adressent pas au FMI pour autant ! L'implication du FMI dans la façon de régler nos problèmes serait une intrusion malvenue, d'ailleurs le gouvernement grec exclut d'avoir recours au FMI ! Nous sommes d'accord sur le choix des instruments qu'on mettra un jour en place ».

Pour ce qui est du deuxième sujet discuté au Sommet, à savoir l'agenda 2020, le Premier ministre luxembourgeois a plaidé pour des programmes nationaux de réformes. « Nous sommes d'accord sur les éléments que le président du Conseil européen Herman Van Rompuy a proposés en matière de gouvernance, c'est-à-dire moins d'objectifs et une quantification des accords, inscription de la lutte contre la pauvreté, amélioration des taux d'emploi et élimination des obstacles à la croissance », a-t-il précisé.

Satisfait de la réponse à la crise grecque, Jan Peter Balkenende n'est pas ravi par
la perspective de sommets européens chaque mois

Jan Peter Balkenende, le Premier ministre des Pays-Bas, estime que les compétences conjuguées de la Banque centrale européenne, du Fonds monétaire international (FMI) et de la Commission européenne devraient permettre « un bon contrôle » de la mise en œuvre des mesures que s'est engagé à prendre le gouvernement grec. Devant la presse, il s'est dit satisfait du consensus atteint sur une solution « à deux voies ». Il salue le fait que les Grecs eux-mêmes doivent assumer leurs responsabilités pour faire face à leurs problèmes budgétaires, et estime que « le FMI doit être impliqué », comme il l'avait déjà souligné devant le parlement néerlandais, à la veille du Conseil européen.

À un journaliste qui lui demandait combien le contribuable néerlandais devra payer, M. Balkenende a répondu « rien pour le moment », car l'approche retenue par le Conseil européen permet précisément d'éviter de faire porter à d'autres le chapeau.

Interrogé sur la nature de la solidarité si personne ne met la main à la poche, M. Balkenende a répondu « il est trop tôt pour le dire », car il ne faut pas spéculer. L'important selon, lui, c'est que les Grecs « mettent les choses en ordre eux-mêmes ».

Le Premier ministre néerlandais a déclaré avoir pris « une position assez forte » contre la proposition de Hermann Van Rompuy visant à réunir le Conseil européen chaque mois à partir de la fin de l'année. Il souhaite que l'on se limite à quatre sommets par an et met cette nouvelle idée sur le compte de « l'enthousiasme du Président ». Si toutefois les Chefs d'État et de gouvernement sont amenés à se réunir tous les mois, il faudra « un bon équilibre entre le Conseil ÉCOFIN, l'Eurogroupe et le Conseil européen », a-t-il averti.

Ce premier Conseil européen informel convoqué par Herman Van Rompuy, a été présidé « de manière efficace », a estimé le Premier ministre néerlandais. Terminant sur une touche d'humour, il s'est dit ravi d'avoir été entouré de livres dans la bibliothèque Solvay ; le seul problème, c'est que « le sol craque ».

José Luis Rodriguez Zapatero estime qu'il faut être « assez content »
de cette journée et des solutions apportées.

Le Président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, a fait part de son optimisme après à cette journée. Il a débuté en insistant sur l'importance des réunions qui ont eu lieu jeudi puisqu'elles ont permis avant tout de renforcer la coopération entre tous les États membres. La réponse à la situation difficile de la Grèce est une preuve de la capacité de l'UE de prendre des décisions communes. Le président du gouvernement a jugé cette réponse comme « une solution européenne et européanisante ». Il ajoute que « c'est une solution positive, de compromis qui répond complètement à l'objectif de l'Espagne ». Pour M. Zapatero, l'Union européenne est convaincue que le gouvernement de George Papandréou réussira à atteindre ses objectifs. Le message que l'UE a donné est un message de tranquillité. L'UE « aidera tout pays qui a des difficultés ». L'autre sujet sur lequel s'est attardé le chef du gouvernement espagnol est la situation en Haïti. Selon lui, c'est une préoccupation particulière pour l'Espagne qui va évaluer tous les moyens nécessaires pour venir en aide au plus vite à ceux qui « n'ont pas d'endroit où être ». Aujourd'hui marque l'accomplissement, pour la première fois, d'un des objectifs de la stratégie UE 2020, à savoir la coopération. C'est pour cette raison « que nous devons nous estimer assez contents ». M. Zapatero a conclu en évoquant le rejet par le Parlement européen de l'accord SWIFT. Il pense qu'il faut rénover ce projet en dialoguant avec les États-Unis car la lutte contre le terrorisme est très importante et juge que « ce rejet ne doit en aucun cas affecter les relations avec ce pays ».

Il a par ailleurs annoncé qu'il fallait être prudent concernant les trois Espagnols séquestrés au Mali et que l'Espagne mettrait tout en œuvre pour accélérer leur libération.

La Pologne salue la solidarité entre les pays européens

« La déclaration adoptée est une garantie qu'aucun pays de l'UE ne restera sans aide », a indiqué Donald Tusk à l'issue de la réunion informelle des chefs d'État et de gouvernement. Le premier ministre polonais a réaffirmé que l'arrangement trouvé était un arrangement « au sein de la zone euro » et n'impliquait pas la Pologne. Il a toutefois assuré que « chaque action en faveur de la stabilisation des finances publiques » en Europe sera soutenue par la Pologne. L'Europe a besoin « d'une solidarité et d'une liberté d'action à l'intérieur » et de plus de fermeté à l'extérieur si elle veut faire face à la concurrence de la Chine ou de l'Inde, a estimé le Premier ministre polonais. Plus tôt dans la journée, M. Tusk avait confirmé que son pays était en mesure de participer aux mécanismes d'aide envisagés en faveur du gouvernement grec et que les options évoquées (des contributions volontaires ou un soutien du FMI) étaient « acceptables » pour la Pologne. S'exprimant devant la presse, M. Tusk a aussi souligné que les propositions faites par le président du Conseil de l'UE et le président de la Commission européenne sur la nouvelle stratégie économique pour 2020 « étaient conformes aux attentes polonaises ». (A.By.)

Jerzy Buzek: « On ne peut accepter que la stratégie UE 2020 soit un échec »

« Nous sommes face à des déficits excessifs et la croissance de l'UE est seulement de 1%. Nous ne pouvons pas dans dix ans accepter que notre stratégie soit un échec et dire que nous avons besoin d'une nouvelle stratégie 2030 ! », s'est exclamé le président du Parlement européen. La réponse à une telle situation est: « La stratégie UE 2020 doit être aussi concrète, aussi contraignante, aussi ciblée que le projet du marché unique l'était en 1992 ! Nous avons besoin d'un plan et d'un objectif clairs. Nous pouvons sortir de la crise économique mais il nous faire face aux déficits excessifs. La stabilité de l'eurozone, chaque pays en faisant partie étant pris séparément, est importante mais c'est aussi important pour ceux qui souhaitent rejoindre l'eurozone dans l'avenir. Nous devons leur témoigner notre solidarité », a affirmé Jerzy Buzek.

Il faudrait aussi discuter de la création d'une Communauté européenne de l'énergie (CEE), a indiqué M. Buzek. Il y a 60 ans, Robert Schuman avait lancé un appel pour un pool de souveraineté dans le secteur de l'énergie au 20ème siècle, a-t-il rappelé en affirmant: « C'est ce que nous devrions faire pour le 21ème siècle ! ». Le président du PE a également jugé essentiel d'investir dans l'éducation, les nouvelles technologies, nos ressources humaines et dans l'innovation, car « ce que nous souhaitons, c'est les emplois du futur » !

Autre vérité criante pour Jerzy Buzek: « La méthode ouverte de coordination est un échec ». La réponse selon M. Buzek: « Nous devons retourner à la bonne vieille méthode communautaire, qui a déjà prouvé qu'elle fonctionnait ».

Ensuite, force est de constater que nous avons raté la révolution technologique de la fin du 20ème siècle. « Si on rate le coche, nous parlerons de la voiture électrique alors que l'entreprise Tata en fabrique des tonnes ! », s'est exclamé Jerzy Buzek pour qui « il nous faut être à la tête de la révolution de l'économie verte. Nous avons le know-how et les technologies pour le faire. Nous avons encore une petite fenêtre d'opportunités avant que nous ne soyons devancés par d'autres ». (A.B./H.B./A.N./G.B./V.L.B./M.B.)

 

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