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Bulletin Quotidien Europe N° 10039
CONSEIL EUROPÉEN / (eu) conseil europÉen

C'est à la Grèce d'agir pour restaurer la confiance

Bruxelles, 11/12/2009 (Agence Europe) - Transparence et détermination sont les mots qui reviennent le plus pour tenter de rassurer les marchés financiers sur la situation des finances publiques grecques. « Georges Papandreou a été extrêmement clair (…) c'est prioritaire pour le gouvernement grec de prendre de nouvelles mesures et il s'est engagé nettement à aller vers ces nouvelles mesures », a déclaré Fredrik Reinfeldt, à l'issue de la première journée du Conseil européen, jeudi 10 décembre.

Si les problèmes structurels que connaît le pays datent d'avant la crise, les chiffres atteignent désormais une ampleur inquiétante. Outre le déficit public, que le gouvernement souhaite réduire à 9,1% du PIB l'année prochaine, la dette s'élèvera à plus de 120% du PIB et le chômage s'accroît. Une situation qui inquiète les agences de notation. « Il est évident que la Grèce connaît des problèmes financiers et budgétaires très substantiels », a aussi souligné José Manuel Barroso devant la presse. Selon le président de la Commission, qui s'en tient au message martelé par le commissaire Almunia, le projet de budget présenté le 20 novembre est « un pas dans la bonne direction mais d'autres sont encore nécessaires » pour remettre le pays sur la voie de la consolidation budgétaire et réduire la dette. « M. Papandreou a fait part de sa détermination personnelle à faire face à ces problèmes », a ajouté M. Barroso, qui se dit « totalement confiant dans le fait que les Grecs vont y arriver ». La Commission est prête à aider le gouvernement à mettre en place un vaste programme de réforme et d'assainissement, dans le cadre des dispositions du traité pour les pays de la zone euro, a-t-il de nouveau insisté. Alors que l'UE peut venir en aide aux États membres qui n'appartiennent pas à la zone euro (par le biais du mécanisme de soutien à la balance des paiements), elle ne peut en principe pas agir pour renflouer un pays ayant adopté la monnaie unique (« no bail out » clause). La solidarité pourrait le cas échéant prendre d'autres formes (bilatérales ?), même si, pour l'heure, tout le monde se refuse à envisager un défaut de paiement de la Grèce ou un abandon de l'euro.

« Je ne vois pas le risque d'une défaillance de l'État », a répété Jean-Claude Juncker vendredi 11 décembre. Le Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe se dit « pleinement convaincu que la Grèce reviendra sur la voie de la consolidation qui est spectaculairement nécessaire » et que le gouvernement socialiste prend les choses au sérieux et « agira de façon efficace ». Également confiante, Angela Merkel estime que le Premier ministre grec est « fortement déterminé à réduire les déficits ». La chancelière allemande a toutefois précisé que les Vingt-sept n'avaient « pas parlé de programme de soutien ou d'aide à la Grèce », car « c'est la Grèce qui doit prendre sa responsabilité ».

Une responsabilité assumée par M. Papandreou qui présentera lundi des mesures concrètes pour sortir de la crise et rétablir la viabilité de l'économie grecque, a-t-il annoncé après le Sommet. Articulées « autour de trois axes », ces mesures viseront à « stimuler l'économie réelle, à encadrer le secteur public et à passer à une économie plus verte et plus écologique ». Selon le Premier ministre, les problèmes de la Grèce ne sont pas liés au secteur bancaire (les banques grecques sont relativement mieux portantes que dans d'autres États membres, avait-il insisté la veille auprès de ses homologues). Les vrais problèmes sont ceux de la corruption, de l'évasion fiscale et de la bureaucratie. « Nous ne pouvons pas accueillir les investissements si nous ne sommes pas capables de nous attaquer au problème de la corruption », a-t-il souligné, en précisant que ces mesures seront mises en œuvre « aussi vite que possible ». Il a ainsi confié son espoir de réduire le déficit budgétaire de 4 points de pourcentage en 2010 (plus que prévu jusqu'à présent). « Nous ne sommes pas là pour détruire l'état social », mais pour lutter contre la corruption, a néanmoins ajouté M. Papandreou, qui s'est dit « entièrement satisfait » du soutien apporté à la Grèce par ses partenaires européens et les institutions européennes. (A.B./A.By./H.B.)

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