Bruxelles, 10/12/2009 (Agence Europe) - Le socialiste espagnol Raimon Obiols souligne « la nécessité de clarifier » les objectifs de l'Union pour la Méditerranée car le processus a été surtout marqué par les « difficultés de sa mise en œuvre ». Le besoin de clarification lui semble d'autant plus urgent que « la conception de Sarkozy a été paradoxale » et a visé « deux objectifs contradictoires », d'un côté, une « dépolitisation » en mettant en avant que c'est une « Union de projets » qui est à mettre sur pied et, de l'autre, « simultanément, une puissante institutionnalisation ». Durant la première année, « il y a eu trop de rhétorique et un certain manque de professionnalisme et de bon sens ». D'où son vœu que « ceux qui occupent le devant de la scène feraient bien d'adopter une attitude plus modeste et un engagement plus sérieux ».
Dans un article publié sur le site du PSE, M. Obiols affirme que le conflit israélo-arabe n'explique pas entièrement l'enlisement du processus. « D'autres raisons internes, dues à la gestation du projet et à sa vision stratégique », expliquent cette situation pour laquelle il invoque une « nécessaire clarification ». « Il existe actuellement un malaise (comme la Belgique l'a exprimé récemment) à propos des co-présidences (...) à cela s'ajoute une détérioration des relations franco-égyptiennes ». De plus, « le degré d'engagement et la portée de l'engagement de la BEI ne sont pas connus » et, rappelle M. Obiols, l'Allemagne veille à ce que les dépenses budgétaires n'aillent pas trop loin. « Cette situation est d'une certaine gravité », explique-t-il mettant en cause la méthode de gestion du processus par Paris qu'il juge opaque et peu paritaire. M. Obiols omet cependant de qualifier l'attitude de Madrid, qui, avec Paris et Le Caire, ont agi en « troïka » fermée, consultant peu les partenaires, y compris la Commission. Il se veut relativement confiant en pensant à l'accession de l'Espagne à la présidence de l'UE durant le premier semestre 2010. L'idée d'un « sommet » de l'UpM, suggérée par Madrid dans son projet de programme semestriel, lui semble faisable à condition que la clarification ait pu, d'ici là, aboutir et rendre plus transparents les jeux et les enjeux de ce dialogue qui peine à asseoir sa logique. (F.B.)