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Bulletin Quotidien Europe N° 10038
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Éducation

L'Europe veut préserver les compétences, selon le Cedefop

Bruxelles, 10/12/2009 (Agence Europe) - Le Cedefop (Centre européen pour le développement de la formation professionnelle) a publié les résultats d'une enquête menée par la Présidence suédoise du Conseil des ministres dans les États membres, en collaboration avec la Commission européenne, qui analyse les investissements des pays européens en matière de formation. Les résultats font apparaître que d'importants efforts sont déployés pour préserver, voire améliorer, les compétences en Europe, malgré la crise économique.

Il ressort de cette enquête que certains États membres ont augmenté leurs budgets d'éducation et de formation ou les ont tout au moins maintenus au même niveau malgré la baisse des recettes fiscales. Au niveau des pouvoirs publics et entre les partenaires sociaux, un consensus apparaît en faveur d'efforts pour maintenir les individus en situation d'emploi. Plusieurs États membres ont adopté des principes de « flexicurité » et, avec l'appui du Fonds social européen, octroient des financements publics aux entreprises pour mettre en place des dispositifs combinant travail de courte durée et formation. Les États membres utilisent également des ressources pour aider les jeunes, les seniors et les chômeurs qui sont les premiers à pâtir de la crise. Plusieurs États membres ont ainsi revu à la hausse le montant des fonds destinés à aider les récentes victimes de licenciements économiques et les individus qui étaient à la recherche d'un emploi avant la crise. La plupart des mesures prises sont axées sur l'apprentissage par le travail. Certaines d'entre elles, en particulier celles qui s'adressent aux actifs encore employés, peuvent être perçues comme des réponses à court terme à la crise. À plus long terme, la tendance est clairement en faveur des emplois à forte intensité de connaissances et de compétences. Dans tous les secteurs, davantage d'emplois exigeront des qualifications de niveau moyen et élevé. La question de compétences ne se pose toutefois pas uniquement en termes de niveau mais aussi de type. Le Royaume-Uni par exemple, comme d'autres États membres, encourage le développement des compétences dans le domaine des sciences, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques. Les emplois techniques exigeant également une large base de compétences, certains pays comme la République tchèque, la France, l'Italie, le Portugal et la Slovaquie, privilégient les compétences transversales (communication en plusieurs langues, technologies de l'information et de la communication (TIC), résolution de problèmes, etc.) utilisables dans plusieurs secteurs et activités professionnelles. Autre tendance: on observe un intérêt croissant pour les compétences d'entrepreneuriat. La Belgique, la Grèce, l'Italie, la Pologne et la Slovaquie ont mis en place des mesures de formations spécifiquement destinées à soutenir le travail indépendant alors que la France propose actuellement des formation aux gérants de petites et moyennes entreprises. En outre, les États membres sont conscients de l'importance des « compétences vertes » qui pourraient, à l'instar des compétences TIC, devenir essentielles dans de nombreux emplois, de même qu'à la nécessité de reconnaître et de valider les savoirs, aptitudes et compétences acquis hors du système formel d'éducation et de formation. Un apprentissage dont la source majeure est le lieu de travail: dans neuf des quatorze pays pour lesquels les données sont disponibles, les entreprises ont dispensé davantage d'apprentissage non formel que les prestataires d'éducation et de formation. La part des activités d'apprentissage non formel émanant des employeurs varie ainsi de 69% en Bulgarie à 46% en Suède. Le cadre européen des certifications (CEC), facilitera la validation et la reconnaissance de ces acquis non formels et tous les États membres ont entrepris d'établir leur cadre national pour les mettre en relation avec le CEC. La France, l'Irlande, Malte et le Royaume-Uni ont déjà établi de tels cadres. Au niveau des incitations financières, les États membres augmentent quand ils le peuvent leur budget afin de financer de nouveaux dispositifs de formation ou d'étendre ceux déjà en place. Hormis les incitations fiscales, ils assouplissent leur réglementation afin d'encourager la participation à des formations et ne perdent pas de vue la nécessité de réformes à long terme.

En conclusion, malgré les tendances qui se dessinent, il est difficile de prévoir l'ampleur des effets de la récession sur l'emploi. Les mesures incitatives semblent avoir amorti les effets immédiats mais des pertes d'emplois sont encore à craindre et malgré une reconnaissance de la valeur de l'apprentissage par le travail, on ne peut pas encore dire si la crise aura pour effet d'affermir ou d'émousser la volonté des entreprises d'offrir des places. Les États membres doivent renforcer encore davantage leur capacité de prévoir les compétences et d'assurer leur cohérence avec les emplois disponibles. Les parcours d'apprentissage flexibles, qui aident les individus à effectuer leurs choix, ne sont pas encore la norme et les outils européens n'ont pas encore été mis en œuvre. En ce qui concerne les investissements dans le capital humain, certains pays se trouvent en situation de devoir réduire leurs dépenses de formation mais il est difficile également à ce niveau de prévoir à long terme si cette baisse d'investissement dans le capital humain perdurera. La crise pourrait se révéler un obstacle qui freinera les réformes et où l'engorgement provoqué par les dossiers à traiter d'urgence empêchera les changements à long terme. Ou au contraire faire office de catalyseur et accélérer la mise en œuvre des actions déjà en chantier. Elle pourrait même pousser à des changements qui avaient été remis à plus tard. (I.L.)

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