Bruxelles, 25/09/2009 (Agence Europe) - Les groupements tactiques, la coopération civilo-militaire, la surveillance maritime ainsi que les opérations de l'UE en Bosnie-Herzégovine (EUFOR Althea) et en Somalie (EU NAVFOR Atalanta) seront les principaux sujets débattus au cours de la réunion informelle des ministres de la Défense de l'UE, lundi 28 et mardi 29 septembre à Göteborg.
Les ministres se réuniront lundi dans l'après-midi pour examiner les questions considérées comme prioritaires par la Présidence suédoise de l'UE. La première session de travail sera dédiée respectivement à la coopération dans le domaine de la surveillance maritime et au développement de la capacité civilo-militaire. La discussion devrait permettre de trouver des synergies entre différents acteurs (civils et militaires) ainsi qu'entre les différents États dans le domaine de la surveillance maritime. Il s'agit aussi d'examiner comment mieux coordonner les différentes activités de la Commission européenne, de l'agence européenne de la défense et d'autres initiatives régionales. La deuxième session de la journée sera consacrée aux groupements tactiques (GT-1500). Sur la base des propositions de la Présidence suédoise de l'UE, les ministres devraient se prononcer sur, d'une part, les moyens d'améliorer la flexibilité et l'utilisation de ces groupements et, d'autre part, sur une meilleure coordination entre les GT-1500 et avec l'état-major de l'UE. Une première proposition permettrait, sans rouvrir le concept même des groupements tactiques, d'utiliser ces unités dans d'autres opérations que les cinq missions prévues actuellement (missions de Petersberg) au travers d'une possibilité de différenciation dans les niveaux d'alerte. Concrètement, sur la base d'une déclaration d'intentionnalité, les États membres composant un GT-1500 pourraient déclarer une force au sein du groupement qui pourrait être utilisée comme force d'entrée en premier ou combler, temporairement, les lacunes, dans le processus de génération de forces pour les opérations militaires de l'UE. Il s'agirait d'une démarche volontaire, ayant pour effet que le financement du déploiement d'un ou d'une partie du GT-1500 devrait être assuré par l'État qui s'y engage. Les premières déclarations d'intentionnalité pourraient être annoncées lors de la prochaine conférence de coordination semestrielle des GT-1500, le 15 octobre. Une deuxième proposition vise à assurer une meilleure coordination entre les groupements tactiques mis en astreinte (deux par semestre) et entre ces groupements et Bruxelles. Les éventuelles avancées dans ce domaine devraient être inscrites dans les conclusions du Conseil Affaires générales et Relations extérieures élargies aux ministres de la Défense (Conseil Jumbo) du 16 novembre.
Mardi 29 septembre, les ministres de la Défense feront un point sur les opérations de l'UE, en particulier sur l'opération Althea. Depuis l'adoption du concept d'opération (CONOPS) en mai dernier, le Conseil et l'état major de l'UE continuent une planification prudente visant à reconfigurer l'opération en une mission non-exécutive. La mise en œuvre du concept continuera de dépendre de la décision politique concernant la fermeture du bureau du Haut représentant de la communauté internationale (OHR) et le renforcement du mandat du représentant spécial de l'UE (RSUE) en Bosnie-Herzégovine. Le conseil exécutif du PIC (Peace Implementation Council) responsable pour l'évaluation de la mise en œuvre des Accords de Dayton et compétent pour la décision sur la fermeture du bureau, devrait se réunir les 18 et 19 novembre. Cependant, il est peu probable que la décision sera positive - certains États membres de l'UE (le Royaume-Uni en tête) mettent toujours en exergue la fragilité de la situation politique en Bosnie-Herzégovine comme un facteur qui rend impossible la fermeture du bureau. En même temps, le spectre des élections parlementaires prévues pour octobre 2010 risque effectivement de raviver le discours nationaliste et de perturber davantage l'équilibre politique dans le pays. Le commandant de l'opération, le général John McColl ainsi que le RSUE Valentin Inzko participeront à cette discussion, qui se focalisera avant tout sur les aspects militaires de la reconfiguration. Dans un deuxième temps, les ministres, en présence du commandant de l'opération Atalanta le contre-amiral Peter Hudson , devraient poursuivre le débat sur un engagement plus ferme de l'UE en Somalie. Le secrétaire général de l'UE devrait présenter aux ministres les conclusions d'une mission d'information de la DG8 du Conseil sur les possibilités de coopération avec les acteurs dans la région. Outre la poursuite de l'opération maritime, il s'agirait d'entamer les actions sur terre et en particulier de renforcer et de soutenir le gouvernement de transition somalien (FGT) ainsi que de former l'administration côtière dans l'ensemble du pays, soit dans le cadre d'une nouvelle mission PESD ou bien (ce qui semble plus probable) en coordonnant et en assurant le suivi des initiatives déjà existantes. Plusieurs pistes sont à l'étude, notamment le développement et l'expansion d'un centre de documentation à Djibouti qui pourrait reprendre la formation opérationnelle des futurs gardes-côtes somaliens. La mise en place de ce projet nécessiterait toutefois de coordonner les initiatives de formation actuelles impliquant l'Ouganda, le Royaume-Uni, Djibouti, l'Allemagne, la France, et de développer la coopération avec deux régions autonomes du pays - le Puntland (ce dernier ayant déjà son propre système de gardes-côtes) et le Somaliland. Le financement pourrait provenir entre autres de l'instrument de stabilité géré par la Commission européenne. Il pourrait également s'agir de renforcer, par une éventuelle contribution financière, la mission de l'ONU (AMISOM) qui, à ce stade, est la seule force internationale présente sur le terrain. La force maritime de l'UE, elle, pourrait également contribuer, dans une mesure très limitée, à la formation des gardes-côtes en embarquant les recrues sur les bateaux ou en vérifiant les procédures à l'entrée des ports lors d'escales.
Avant le déjeuner, les ministres aborderont encore, au cours d'une quatrième et dernière session de travail, les activités de l'agence européenne de défense et le développement des capacités militaires. Le gros des discussions, selon la Présidence suédoise, devrait porter sur les possibilités d'harmonisation et de transparence de l'industrie de la défense.
Les ministres vont clôturer la réunion par un déjeuner de travail dédié à la situation en Afghanistan, l'engagement de l'UE dans la région (Afghanistan et Pakistan) ainsi que la coopération entre l'UE et les organisations partenaires. Le représentant spécial des Nations unies pour l'Afghanistan, Kai Eide, participera aux discussions via une liaison vidéo. (A.By.)