Bruxelles, 23/09/2009 (Agence Europe) - À la demande notamment du Premier ministre français, François Fillon, la Présidence suédoise du Conseil des ministres de l'UE a finalement accepté, mercredi 23 septembre, d'organiser, lundi 5 octobre, une réunion extraordinaire des ministres européens de l'Agriculture, consacrée à la crise dans le secteur du lait. La pression sur la Présidence et la Commission européenne s'est accentuée récemment avec les actions de protestation des producteurs et le nombre grandissant de pays de l'UE favorables à de nouvelles mesures de régulation dans ce secteur.
La Pologne a confirmé lundi 21 septembre, lors de la réunion du Comité spécial agriculture (CSA), qu'elle se rallie à la déclaration signée par 18 pays de l'UE appelant à « de nouvelles mesures fortes et concrètes » pour aider les producteurs de lait à surmonter la crise de la chute des prix. La déclaration comporte donc les 19 pays suivants: Allemagne, Belgique, Bulgarie, Estonie, Irlande, France, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Hongrie, Autriche, Portugal, Pologne, Roumanie, Slovénie, Slovaquie, Finlande, Espagne et République tchèque.
Lors du CSA, les délégations ont souligné l'importance d'avoir une réponse commune et communautaire à la crise, pour éviter des différences entre pays sur les remèdes à y apporter. La plupart des experts de l'UE ont plutôt bien accueilli la mesure de long terme proposée jeudi 17 septembre par la Commission européenne (EUROPE n° 9979) visant à instituer un groupe d'experts chargé d'examiner diverses questions, comme la possibilité de créer un cadre juridique pour les relations contractuelles liant les producteurs et l'industrie laitière (afin de mieux équilibrer l'offre et la demande du marché).
La France a répété sa volonté d'avoir plus d'instruments de régulation du marché, aussi bien en temps de pénurie que de surproduction, tandis que l'Allemagne a réitéré sa demande de création d'un fonds spécialement dédié au soutien des producteurs. Roumanie et Pologne ont demandé davantage de souplesse dans les règles sur la répartition entre les deux types de quotas (les livraisons aux laiteries, d'un côté et vente directe aux consommateurs de l'autre). La Pologne a demandé une aide pour l'utilisation de la poudre de lait dans les aliments pour animaux, mais la Commission a encore refusé cette requête, de même que celle de l'Italie sur le stockage privé pour les fromages. Les pays dits « libéraux » (Royaume-Uni, Danemark, Pays-Bas…) ont un peu critiqué le projet de la Commission visant à faire passer (temporairement) à 15 000 euros le plafond des aides d'État que les pays peuvent verser par entreprise dans le secteur agricole. (L.C.)