Bruxelles, 26/08/2009 (Agence Europe) - En dépit des signes encourageants, la relance économique n'est pas encore ferme en Europe. Il est en revanche acquis que les choses ont changé avec la crise et qu'à plus long terme il faut rendre l'économie européenne plus durable et plus innovante.
« Les signes récents de reprise sont fragiles et n'autorisent aucune complaisance », a déclaré José Manuel Barroso devant un parterre d'économistes réunis à Barcelone le 25 août pour une conférence. « En tout cas, il est clair que la croissance mondiale ne sera pas de retour aux niveaux antérieurs à la crise pendant un certain temps - voire pas du tout », a constaté le président de la Commission européenne, qui présentera ses prévisions économiques intérimaires (en matière de croissance et d'inflation) le 14 septembre prochain. « Ces taux de croissance - et le modèle économique qui les sous-tend - n'étaient tout simplement pas durables. Ce qui a été illustré de manière dramatique par les récents événements », a-t-il ajouté.
Dans le contexte actuel, « il est clairement trop tôt pour retirer les mesures de soutien à l'économie et au secteur financier », a aussi rappelé le président Barroso. Identifier le bon moment pour le faire « exige un profond travail d'analyse », qui repose sur la quantification de variables non observées, comme la production potentielle et l'écart de production. Et ce travail doit en outre « être coordonnée au niveau international, en particulier au G20 » (dont la Commission est désormais un membre à part entière), souligne-t-il encore.
La priorité est de restaurer la croissance, mais les soutiens budgétaires ne peuvent durer indéfiniment, c'est pourquoi de nouvelles sources de croissance, fondées sur l'innovation ou les emplois verts notamment, devront prendre le relais. Face aux contraintes pesant sur les finances publiques, la qualité des dépenses devra aussi s'améliorer. « Une hiérarchisation sera primordiale », insiste M. Barroso, qui se dit favorable à une extension de la surveillance multilatérale dans le cadre du Pacte de stabilité et de croissance pour inclure une évaluation de l'impact sur la croissance des dépenses et de la fiscalité. (A.B.)