Bruxelles, 11/06/2009 (Agence Europe) - Réunis le 10 juin à Montréal, la commissaire européenne au Commerce, Catherine Ashton et le ministre canadien du Commerce, Stockwell Day, ont donné le coup d'envoi des négociations pour un accord complet sur l'économie et le commerce (CETA) entre l'UE et le Canada, qui pourrait voir le jour d'ici deux ans. La première session de pourparlers, dont le lancement fut décidé lors du sommet de Prague le 6 mai dernier (EUROPE n° 9897), est fixée au mois d'octobre. Par cet ambitieux pacte qui prévoit la libéralisation du commerce des biens et services, un meilleur accès au marché, des dispositions en matière d'investissement et des règles améliorées en matière de commerce, les échanges bilatéraux de biens et services pourraient grimper de 70 milliards d'euros à 90 milliards d'euros annuels, a assuré Mme Ashton. L'objectif final du CETA est, selon elle, d'établir un partenariat transatlantique qui stimule les investissements, l'ouverture des marchés publics, la protection de la propriété intellectuelle et la coopération environnementale et sociale. Le Canada, qui n'exporte que 6% de ses marchandises dans l'UE contre 78% aux États-Unis, d'où proviennent 54% de ses importations, tente de conclure un pacte commercial avec l'Europe depuis près de 30 ans. Le futur accord devrait permettre au Canada d'accroître de 20% ses exportations vers l'UE. Vu d'Ottawa, le CETA sera profitable à des secteurs de l'industrie canadienne comme l'aérospatial, les produits chimiques, le bois, l'automobile et les produits agricoles. M. Day a toutefois admis que certaines « sensibilités » pourraient émerger au cours des discussions sur l'ouverture de certains secteurs. « Mais nous allons adopter une approche globale et je ne veux pas mettre de pression sur la prochaine série de négociations », a ajouté le ministre canadien. « Les négociateurs n'auront aucune limite lors des discussions », a renchéri Mme Ashton. Notons que, selon M. Day, l'idée de négocier, côté européen, un nouveau pacte commercial avec Ottawa, a été largement encouragée par l'accord de libre-échange conclu en 2008 entre le Canada et l'AELE (Islande, Norvège, Suisse et Liechtenstein), qui prévoit l'élimination des droits de douane sur tous les produits non agricoles et leur réduction, voire leur suppression, sur certains produits agroalimentaires. (E.H.)