Bruxelles, 26/05/2009 (Agence Europe) - Les ministres européens de la Pêche ont débattu, lundi 25 mai à Bruxelles, des idées de la Commission européenne figurant dans le Livre vert sur la réforme de la politique commune de la pêche (PCP). Les sujets qui, pour le moment, divisent le plus les États membres sont les modalités de gestion des quotas de pêche et l'interdiction des rejets (discard).
Le Danemark estime que les droits de pêche transférables (qui peuvent être vendus) permettent de faciliter l'adaptation de la flotte de pêche. Une position soutenue notamment par les Pays-Bas et l'Estonie. Plusieurs ministres, dont ceux de France, d'Irlande, du Portugal et d'Italie, ont mis en lumière les effets pervers d'une privatisation des droits de pêche (concentration des droits en faveur des entreprises puissantes, industrialisation, disparition de la pêche côtière et artisanale…). L'Espagne n'a pas de position claire sur ce thème des quotas transférables, mais a une nouvelle fois plaidé pour un changement dans les modalités actuelles de répartition entre États membres des possibilités de pêche (stabilité relative).
Le Danemark a présenté ses propositions sur l'interdiction des rejets (EUROPE n° 9901). Ce pays propose en résumé d'établir des quotas de poissons pêchés (au lieu des quotas de poissons débarqués dans les ports) et d'augmenter les limites de captures en ajoutant une estimation des rejets. L'Allemagne aussi a préconisé un bannissement des rejets, tandis que plusieurs pays (dont la France, l'Espagne, la Belgique) veulent temporiser. Joe Borg, le commissaire européen aux Affaires maritimes, a précisé que la Commission avait pour objectif de parvenir en 2010 à étendre à l'ensemble des eaux communautaires l'interdiction des rejets (depuis 2009, les rejets sont bannis uniquement dans les eaux de la mer du Nord). Par ailleurs, de nombreux ministres ont préconisé, s'agissant de la gouvernance, que le Conseil garde le pouvoir de décider sur les sujets les plus importants de la PCP. Les discussions sur la réforme ne font que commencer. Les propositions formelles de la Commission ne sont pas attendues avant 2010 et les décisions du Conseil en 2011, voire début 2012. (L.C.)