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Bulletin Quotidien Europe N° 9764
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INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/social

Une majorité d'États membres restent prudents quant à la fixation d'objectifs chiffrés de réduction de la pauvreté

Marseille, 17/10/2008 (Agence Europe) - La première réunion informelle des ministres européens chargés de la pauvreté s'est tenue, jeudi 16 octobre à Marseille, en marge de la 7ème table ronde européenne sur la pauvreté et l'exclusion sociale. Elle a été initiée à la suite d'une proposition de José Vieira da Silva, ministre portugais du Travail et de la Solidarité sociale, a précisé la Présidence française.

Sur les 27 États membres, 16 pays étaient représentés par leur ministre ou secrétaire d'État, neuf autres étaient représentés par des conseillers ou des membres de l'administration. La Hongrie et la Finlande n'ont pas été représentés à ce « P27 », surnom donné à la réunion par Martin Hirsch, le Haut commissaire français aux Solidarités actives contre la pauvreté, qui présidait cette réunion. Pour préparer leur rencontre, les ministres ont été invités à répondre à trois questions: - Comment faites-vous pour que la lutte contre la pauvreté soit mise au sommet de l'agenda politique de votre pays ?; - Pouvez-vous nous présenter une expérience innovante réussie que vous avez menée en matière de lutte contre la pauvreté ? ; - Y a-t-il un exemple de bonnes pratiques réalisées au sein d'un État membre qui vous a inspiré pour mener vos propres réformes ? Quinze pays ont envoyé leurs réponses à la Présidence française. Par exemple, la Belgique évoque la mise en place d'un baromètre de la pauvreté prévu pour 2009, l'Italie mentionne son Livre vert sur le sujet et la Grèce son « Programme national des réformes », dans lequel est inclus l'objectif de lutte contre le risque de l'exclusion sociale.

À l'origine, l'objectif affiché de cette réunion était donc de soutenir la communication rendue publique par la Commission européenne le 3 octobre. Un texte centré autour de l'inclusion active, et relativement consensuel entre les États membres. Mais la Présidence française a tenu à aborder le problème des objectifs chiffrés de réduction de la pauvreté. Un thème qui divise les États membres. Si une dizaine de pays se sont dits favorables à de tels objectifs, une quinzaine ne se sont pas prononcés. Trois, en revanche, s'y sont clairement opposés, jugeant « prématurée » la fixation de tels chiffres: l'Allemagne, le Luxembourg et la Suède. Néanmoins, la Présidence a suggéré que les « États intéressés » pourraient s'engager dans un travail en commun sur les indicateurs adéquats avec l'appui du Comité de protection sociale.

« Le discours sur les indicateurs chiffrés n'est pas simple. Cette question ne fait pas consensus », a reconnu Vladimir Spidla, le commissaire européen à l'Emploi, aux Affaires sociales et à l'Égalité des chances, pendant la conférence de presse. « De mauvais indicateurs ne pourraient nous conduire que dans la mauvaise direction », a-t-il prévenu. Cependant, il n'a pas exclu de proposer d'introduire des objectifs en termes d'inclusion active dans la nouvelle phase de la stratégie de Lisbonne. Par ailleurs, il a annoncé que la Commission européenne, et en particulier ses propres services, regardait « de près » quelles pourraient être les conséquences de la crise financière sur le marché du travail, et dans le domaine de la pauvreté.

Au cours des deux jours qui ont précédé la réunion ministérielle, de nombreux partenaires sociaux avaient exprimé, plus ou moins formellement, de forts doutes sur les résultats de cette réunion. « Les objectifs n'ont aucun intérêt si aucun moyen n'est consacré à leur réalisation concrète », soufflait un syndicaliste, la veille de la tenue de la réunion. Pendant la conférence de presse finale, Martin Hirsch a balayé cette objection d'un revers de main, estimant qu'«une fois que les objectifs sont fixés, ils sont faits pour être atteints.» «Une démarche de fixation des objectifs est une démarche engageante », a poursuivi M. Hirsch. « Cela peut avoir un effet de levier considérable». « Il y a des moyens », a pour sa part confirmé M. Spidla de manière laconique. Par ailleurs, le Haut commissaire français a suggéré la mise en place d'un groupe de travail pour « faire un travail de veille en cas de crise ». « On ne veut pas se retrouver a posteriori avec des phénomènes que l'on n'a pas observés auparavant », a-t-il expliqué. « Les États qui le souhaitent pourraient former un groupe de vigilance pour analyser en temps réel les évolutions de la situation de la pauvreté et saisir si nécessaire les instances européennes pour une réaction concertée », précise un communiqué de la Présidence française. Et M. Hirsch de plaider pour la création de nouveaux indicateurs, afin d'aider les ministres chargés de la pauvreté à convaincre leurs gouvernements du bien-fondé de leur action. « C'est super difficile de convaincre quand on s'occupe de pauvreté », a-t-il lancé aux journalistes. « On a besoin des autres États membres pour que cela puisse évoluer chez nous », a-t-il dit. Les ministres y reviendront lors du Conseil Emploi, Politique sociale, Santé et Consommateurs des 15 et 16 décembre. (L.B.S.)

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