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Bulletin Quotidien Europe N° 9755
INFORMATIONS GÉNÉRALES / (eu) ue/Économie

Le mini sommet souligne le besoin de concertation pour surmonter la crise

Bruxelles, 06/10/2008 (Agence Europe) - Samedi 4 octobre, les chefs d'État ou de gouvernement des pays européens membres du G8 (Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni) se sont engagés à travailler de manière coordonnée pour faire face à la crise financière. Un engagement « à assurer la solidité et la stabilité de notre système bancaire et financier » qui passe par la prise en compte des conséquences pour les voisins des décisions prises sur le plan national, souligne la déclaration adoptée à l'issue de la rencontre à laquelle participaient aussi les présidents de l'Eurogroupe, de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne (MM. Juncker, Barroso et Trichet). Mais pour l'heure, les réactions d'urgence afin de sauver les banques en faillite et restaurer la confiance se poursuivent au niveau des États membres. Certains pays, comme l'Italie ou les Pays-Bas, n'auraient toutefois pas renoncé à l'idée de créer un fonds européen de secours pour les banques. Une initiative qui n'a pas les faveurs de l'Allemagne, mais qui devait, selon toute vraisemblance, refaire surface et être discutée à plusieurs lundi soir 6 octobre lors de la réunion de l'Eurogroupe, à Luxembourg.

Dans leur déclaration de samedi, les participants ont notamment confirmé leur volonté de tenir un Sommet international, « à une date aussi rapprochée que possible », en vue d'une « réforme réelle et complète du système financier international fondée sur les principes de transparence, de solidité bancaire, de responsabilité, d'intégrité et de gouvernance mondiale ». Ainsi, « un nouveau cadre de supervision exhaustif sera nécessaire » et « tous les acteurs ayant un impact financier seront régulés ou surveillés ». Cela devrait donc concerner les fonds d'investissements comme les « hedge funds » ou les « private equity ». En cas de soutien public aux banques en difficulté, il est nécessaire que des mesures assurant la protection des contribuables, la responsabilité des dirigeants, un partage des coûts avec les actionnaires et une protection des intérêts légitimes des concurrents soient adoptées, explique la déclaration, qui annonce des modifications concernant les normes comptables et leur interprétation. Un premier objectif serait de permettre, d'ici la fin du mois, aux banques européenne de s'exonérer des règles de « juste valeur » (« fair value ») pour l'évaluation de leurs actifs. De même, compte tenu des circonstances exceptionnelles actuelles, la Commission fera preuve de « flexibilité dans ses décisions en matière d'aides d'État » et l'application des règles du Pacte de stabilité et de croissance (PSC) se fera elle aussi en conséquence. Une certaine souplesse est certes permise par le PSC révisé, mais « cela ne veut pas dire que l'on laisserait maintenant filer les déficits », a toutefois tenu à préciser, samedi, Jean-Claude Juncker.

Enfin, pour tenter de remédier à une situation qui pourrait s'avérer préjudiciable (par le fait de distorsion de concurrence), les dirigeants européens ont souhaité un « développement coordonné des règles européennes sur la sécurité des dépôts ». Leur déclaration salue à cet égard l'intention de la Commission de proposer « rapidement » une proposition législative (prévoyant le rehaussement du plancher des garanties et la réduction des délais de remboursement), qui interviendra « aussi vite que possible », a assuré lundi un porte-parole de la Commission. Plusieurs gouvernements ont déjà annoncé leur intention de garantir l'ensemble des fonds de leurs établissements nationaux (voir autre nouvelle) et l'Allemagne a décidé, dimanche, de leur emboîter le pas, en indiquant qu'elle apporterait elle aussi une garantie illimitée pour tous les dépôts d'épargne des particuliers dans les banques allemandes. Le même jour, le Royaume-Uni a augmenté le plafond de sa garantie des dépôts (qui passera de 35 000 livres actuellement à 50 000, voire 100 000 livres) et l'Autriche ou la Grèce l'envisagent également. Ce type de réaction nationale est-il toutefois bien dans l'esprit de coopération décrété ce week-end ? Oui, car « tous les acteurs sont confrontés à des exigences qui sont grandes et tous font preuve d'un effort de coordination », a assuré le porte-parole de la Commission, qui ne craint pas non plus un affaiblissement des règles communautaires de la concurrence ou de celles du PSC. Cette réunion restreinte a été « très utile pour l'Europe », mais elle ne préjuge pas des discussions et des décisions à prendre au niveau des Vingt-sept, en vue desquelles certaines pistes ont simplement été avancées, a-t-il ajouté.

Des pistes qui existaient déjà pour la plupart a, quant à elle, constaté la socialiste française, Pervenche Berès, qui n'est pas convaincue que la réunion à « 4+3 » organisée à la veille d'un Conseil Écofin a démontré la valeur ajoutée d'une meilleure coordination européenne. « La situation actuelle, où chacun tire dans son coin, est la pire des situations », a jugé la présidente de la commission parlementaire des Affaires économiques et monétaire du Parlement européen, ne voyant « pas, dans ces conclusions, ce qui permettra aux Européens d'avoir une expression coordonnée et concertée » dans la perspective d'un prochain G8. Et de craindre qu'une fois la pression de la crise passée, les vrais mécanismes permettant de mieux armer la zone euro n'auront pas été mis en place pour la supervision. Or, les simulations de gestion de crises financières transfrontalières ont déjà montré les lacunes de la coordination en la matière et « tout le monde sait que ça n'a pas marché ». (A.B.)

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