Bruxelles, 06/08/2008 (Agence Europe) - Le groupe pétrolier et gazier autrichien OMV a renoncé à son projet de rachat de son concurrent hongrois MOL. Les négociations avec la Commission européenne, inquiète d'une concentration excessive des capacités de raffinerie en Europe centrale, avaient été reprises début juin après une interruption (EUROPE n° 9673), mais n'ont pas abouti.
"OMV retire son intention de rachat formulée le 25 septembre portant sur une offre de 32.000 forints par action", qui valorisait l'ensemble du groupe hongrois à 14 milliards d'euros, a indiqué le groupe dans un communiqué. Un porte-parole de la Commission a confirmé que « le projet aurait réuni les deux seules entreprises intégrées gazo-pétrolières actives en Autriche, Hongrie et Slovaquie, et aurait rassemblé les trois seules raffineries dans ces pays ». Ton van Lierop a ajouté qu'OMV n'a pas proposé de remèdes aux inquiétudes de la Commission, lors des négociations informelles, préférant abandonner le projet. Selon OMV, le groupe autrichien avait alors proposé de vendre un certain nombre de stations-service et de fédérer deux raffineries dans un complexe ouvert à un tiers. Ces mesures ont cependant été jugées insuffisantes à Bruxelles. Le porte-parole n'a ni confirmé ni infirmé que la Commission exigeait la cession, par la nouvelle entité, d'une des trois raffineries en question. Du côté hongrois, l'offre de OMV est considérée hostile aux intérêts nationaux. Budapest a érigé une loi dite « loi MOL » visant à protéger les entreprises « stratégiques ». Ce dispositif a provoqué à son tour l'ouverture, en novembre dernier, d'une procédure d'infraction par le commissaire européen au Marché intérieur, Charlie McCreevy. Celui-ci y voit des restrictions injustifiées à la libre circulation du capital. (C.D.)