Bruxelles, 04/07/2008 (Agence Europe) - Le G8 se réunit à Toyako sur l'île d'Hokkaido, au Japon, pour un Sommet de trois jours pleins (du lundi 7 au mercredi 9 juillet), consacrés à la lutte contre le changement climatique, au développement et à la question des prix du pétrole. À quelques jours de la réunion, à laquelle participera aussi José Manuel Barroso, l'entourage du président de la Commission européenne se dit « très optimiste » sur les résultats qui seront engrangés au Japon.
Concernant le changement climatique, le communiqué final du G8 devrait représenter un « pas en avant », « un progrès » par rapport au Sommet d'Heiligendamm, sous présidence allemande en juin 2007. A l'époque, le compromis n'avait pas permis de fixer d'objectif chiffré contraignant, mais parlait d'examiner attentivement une réduction de 50% des émissions des pays du G8 d'ici 2050 (EUROPE n° 9442). Selon la Commission, le Sommet de Toyako doit se traduire par « un langage plus clair » à propos des objectifs à long terme de réduction des émissions de gaz à effet de serre (2050) et par des engagements à moyen terme (2020). Et de se féliciter de « progrès dans la direction des positions européennes ». Pour ce faire, les dirigeants du G8 rencontreront aussi mercredi les représentants des cinq plus grandes économies émergentes, de l'Australie, de la Corée du Sud et de l'Indonésie, pour ce qu'il est convenu d'appeler la rencontre des économies majeures sur le climat et l'énergie (Major Economies Meeting - MEM). Si les conclusions de cette réunion seront différentes de celles du G8 lui-même, le message devrait être « convergent », estime-t-on à la Commission.
Si des échanges auront lieu entre les membres du G8 et les dirigeants des économies émergentes et d'Afrique également présents sur les négociations commerciales du cycle de Doha, une percée est difficilement envisageable, y compris en raison des nuances existant au sein même de l'UE, reconnaît-on. Le communiqué se contentera de répéter le souhait du G8 de parvenir à une conclusion ambitieuse et équilibrée du cycle. Plus généralement, la situation économique mondiale et la flambée des prix du pétrole devraient inciter le G8 à insister sur la nécessaire transparence des marchés pétroliers (y compris la question de l'évaluation des stocks) et à encourager le dialogue entre pays producteurs et pays consommateurs.
Il n'y « aura aucun retour en arrière » sur les engagements en matière d'aide au développement, assure par ailleurs la Commission. Si, pour l'heure, il n'est pas sûr que le communiqué du G8 reprenne des objectifs chiffrés, il devrait réaffirmer les engagements souscrits envers l'Afrique par les pays industrialisés précédemment, notamment à Gleneagles, en juillet 2005 (EUROPE n° 8987). S'il n'y a « pas de problème » du côté de l'UE, selon la Commission, celle-ci s'inquiète toutefois de la baisse globale de l'aide publique au développement constatée en 2007. (A.B.)