Bruxelles, 27/06/2008 (Agence Europe) - Les députés de la commission des libertés civiles du Parlement européen ont adopté, mercredi 25 juin, un important projet de directive concernant la protection de la vie privée des internautes, en réussissant à ajouter au texte initial plusieurs amendements socialistes qui préservent les droits des utilisateurs d'Internet. Le texte, qui était présenté par l'Allemand Alexander Alvaro (ADLE), prévoit que les autorités nationales de régulation doivent être informées à chaque fois qu'une atteinte à la vie privée est constatée. En cas d'atteinte sérieuse, ces mêmes autorités demanderont au fournisseur d'informer sans délai l'utilisateur. Les socialistes, en tête desquels Stavros Lambrinidis (grec), les membres du PPE-DE, de même que plusieurs membres influents de l'ADLE ont toutefois refusé de se contenter du seul texte présenté par leur collègue, celui-ci s'étant même vu reprocher d'avoir cédé un peu trop facilement au lobbying des industries. Du coup, il a été admis que les fournisseurs d'accès Internet auront en plus l'obligation de prévenir leurs clients lors des attaques de pirates pour éviter qu'un danger direct et imminent ne touche les intérêts de l'utilisateur, par exemple en cas de vol d'identité ou d'espionnage de courriels électroniques. Les fournisseurs auront par ailleurs l'obligation de lister les atteintes à la sécurité dans leurs rapports annuels. De même, lorsque les gouvernements ont accès à des données personnelles, les fournisseurs devront informer les autorités nationales de régulation, qui pourront renvoyer les affaires devant la Cour, si des gouvernements outrepassent leur autorité. Les députés ont aussi pressé les gouvernements d'imposer des sanctions pénales lors d'infraction à la directive. Ils ont enfin rejeté l'idée d'une restriction de la protection des libertés qui aurait été favorable aux intérêts de l'industrie du disque. Le rapport devrait être examiné par le Parlement européen lors de la session plénière de septembre. (B.C.)