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Bulletin Quotidien Europe N° 9596
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/omc/doha

Peter Mandelson réitère son soutien à un traitement différencié pour le coton

Bruxelles, 06/02/2008 (Agence Europe) - Recevant à Bruxelles les ministres du Commerce de deux des pays producteurs de coton du C-4 (Bénin, Burkina Faso, Mali et Tchad), les ministres burkinabé Mamadou Sanou et malien Fatoumata Nene Sy, Peter Mandelson a réaffirmé, mercredi 6 février, le soutien de l'UE à un traitement différencié pour le coton dans le cadre des négociations commerciales multilatérales du round de Doha. « Les besoins et les intérêts des pays en développement sont au coeur de l'agenda de Doha. Le coton est une priorité du développement. Nous avons démontré avec les accords de partenariat économique qu'il est possible de traiter du commerce et du développement en même temps. Nous devons parvenir au même résultat dans les négociations de Doha. C'est pourquoi l'UE a toujours plaidé pour un traitement différencié pour le coton dans ce cadre », a assuré le commissaire européen au Commerce à l'issue de la réunion.

Lors de la conférence ministérielle de Hong-Kong, en décembre 2005 (EUROPE n° 9093), les pays africains producteurs de coton, réunis sous la bannière du C-4, avaient longtemps menacé de faire capoter l'accord sur le texte de compromis - de l'époque - sur les modalités de libéralisation des échanges (une nouvelle version révisée doit voir le jour cette semaine à Genève, EUROPE n° 9589). Ils l'avaient ensuite accepté après avoir obtenu la suppression, au moment de la mise en œuvre d'un accord global, des subventions à l'exportation de coton pratiquées par les pays riches ainsi qu'un accès au marché sans droits de douane ni quotas. Ils n'avaient néanmoins pas obtenu de dispositions claires sur l'élimination progressive, d'ici 2010, des soutiens internes au coton qui sont les plus pénalisantes pour les producteurs africains, les Etats-Unis se montrant les plus réticents à promettre un tel engagement.

La production communautaire de coton représente seulement 2% de la production mondiale. Le commerce du coton est totalement libre dans l'UE, qui est un importateur net de coton: aucun droit d'entrée ou restriction quantitative ne s'applique aux frontières et aucune restitution à l'exportation n'est reversée aux producteurs européens. Le secteur du coton dans les pays du C-4 emploie près de 2 millions de personnes, et, indirectement, 15 millions de personnes dépendent de la production de coton et exportent pour leur subsistance. Dans les pays du C-4, le coton compte pour plus de 50 à près de 80% des exportations.

C'est pourquoi, dans le cadre des négociations de Doha, l'UE a adopté une ligne claire en faveur d'une concurrence loyale au niveau mondial. Pour l'UE, le traitement différencié pour le coton passe par: - l'élimination de toutes les formes de subvention à l'exportation pour le coton dans tous les pays développés ; - un accès sans droits ni quotas aux marchés des pays riches et des pays en développement en mesure de le faire pour les importations de coton en provenance des pays les moins avancés (PMA). Cette disposition a été agréée dans le cadre du « paquet développement négocié à Hong-Kong » ; - une réduction substantielle des soutiens internes des pays riches générant des distorsions des échanges. Sur ce point, depuis 2006, 65% des soutiens communautaires aux producteurs européens de coton ont été découplés de la production. Le reste du soutien communautaire est passé de la « boîte orange » (soutiens qui génèrent le plus de distorsions) à la « boîte bleue » (soutiens qui ont des effets négligeables sur les échanges).

Par ailleurs, dans le contexte de la mise en œuvre du partenariat UE/Afrique sur le coton, l'UE a alloué plus de 260 millions d'euros aux programmes et aux projets dans les pays du C-4 depuis 2004. (E.H.)

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