Bruxelles, 06/02/2008 (Agence Europe) - Perçus comme la conséquence inévitable de l'entrée de Varsovie dans l'espace Schengen, les problèmes à la frontière ukraino-polonaise se sont multipliés durant tout le mois de janvier: embouteillages, grèves, tentatives de corruption. La solution est en passe d'être trouvée puisqu'un accord entre les deux pays est prévu, mardi 12 et mercredi 13 février, sur le petit trafic frontalier. Cet accord pourrait être signé lors de la visite officielle du Premier ministre polonais Donald Tusk en Ukraine, aux alentours du 26 février. Avant l'élargissement de l'espace Schengen, les Ukrainiens bénéficiaient des visas polonais gratuits et faciles à obtenir. Le durcissement du régime de visas - dont le prix a été porté à 35 euros - touche la population de l'Ouest de l'Ukraine, habituée à aller en Pologne pour y faire du commerce et y travailler. Un nombre très important de personnes franchissaient le point de passage de Medyka, situé à une dizaine de kilomètres de la ville polonaise de Przemysl, et l'un des rares où l'on puisse traverser à pied la frontière entre l'Ukraine et la Pologne. Aujourd'hui, 20 000 personnes la traversent, soit 30 % de moins qu'avant l'élargissement, a rapporté l'hebdomadaire polonais Polityka. Jusqu'à présent, le consulat polonais en Ukraine délivrait 300 000 visas par an. Actuellement, il reçoit 800-900 demandes par jour (au lieu de 2000) et en délivre 400. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène: le site Internet du consulat a été piraté, ralentissant l'enregistrement des demandes, le Système d'information Schengen (SIS) est lent et connaît des blocages à répétion, et de nombreux documents permettant de demander les visas sont falsifiés (fausses attestations d'employeurs à 150 dollars au marché en noir). La signature d'un accord sur le petit trafic transfrontalier serait donc perçue comme un soulagement pour les deux populations. L'Ukraine a déjà signé un accord sur le petit trafic frontalier avec la Hongrie. Les ressortissants ukrainiens de la zone frontalière (à 50 km de la frontière) peuvent entrer sur le territoire hongrois sans visa. La signature d'un accord similaire avec la Slovaquie a été déjà annoncée. Si un tel accord était signé avec l'Ukraine, il pourrait bénéficier à quelque 700 000 Ukrainiens. (A.By.) (B.C.)