Bruxelles, 06/02/2008 (Agence Europe) - Du dixième Sommet de l'Union africaine (UA) consacré au développement industriel de l'Afrique, rien de précis n'est sorti, le 2 février, sur les accords de partenariat économique (APE) négociés avec l'UE. Les chefs d'Etat et de gouvernement africains n'ont pu faire état d'une position commune africaine sur ces accords préparatoires au libre-échange entre l'UE et six régions ACP (Afrique/Caraïbe/Pacifique). Et pour cause, le paraphage à la fin 2007 d'accords intérimaires par certaines régions africaines, voire des pays individuels menacés sinon par le relèvement des droits de douane sur leurs exportations vers l'UE, a eu pour résultat de diviser les pays africains, parfois même au sein d'une même région (EUROPE n° 9575). A la veille du sommet, l'UA et les communautés économiques régionales africaines ont néanmoins signé un mémorandum d'accord pour renforcer leur coopération et veiller notamment à ce que les APE ne sapent pas l'intégration régionale africaine.
L'implication dans le dossier du président de la Commission européenne, annoncée au Sommet UE/Afrique de Lisbonne pour calmer la fronde anti-APE du président sénégalais Abdoulaye Wade et rassurer les pays africains quant à la prise en compte de leurs intérêts légitimes de développement dans la poursuite des négociations en 2008 (EUROPE n° 9561), sera hautement symbolique. A ce jour, aucune date n'a encore été arrêtée pour que José Manuel Barroso, accompagné des commissaires Peter Mandelson (Commerce) et Louis Michel (Développement), participe en février 2008 à une réunion de haut niveau avec les régions négociatrices pour permettre la poursuite fructueuse des négociations au niveau régional. Pour autant, les pourparlers ont d'ores et déjà repris avec des pays individuels comme la Côte d'Ivoire dont le ministre Amadou Koné, responsable de l'intégration africaine, a été félicité, le 30 janvier, pour « le rôle de figure de proue joué par la Côte d'Ivoire dans les négociations sur les APE », selon M. Mandelson. Et la Commission saisit toutes les occasions pour tenter de convaincre les pays récalcitrants de rejoindre les rangs des 35 pays ACP engagés à conclure un APE. Le 6 février, lors d'une rencontre à Bruxelles avec les ministres de pays africains producteurs de coton, consacrée au cycle de négociations à l'OMC (voir autre nouvelle), M. Mandelson a instamment prié le Mali, le Bénin et le Burkina Faso de se raviser pour négocier la conclusion d'un APE complet en 2008. Alors que pour les pays ACP, l'issue des négociations sur les APE est intimement liée et subordonnée aux résultats du cycle de Doha - prénommé cycle du développement - Peter Mandelson estime, lui, que la conclusion d'APE partiels est une réussite et un modèle à suivre pour les négociations à l'OMC. « Nous avons démontré, avec les accords de partenariat économique, qu'il est possible de réunir le commerce et le développement », déclare-t-il dans un communiqué. (A.N.)