Ljubljana, 08/01/2008 (Agence Europe) - La Présidence slovène de l'UE met la pression en faveur d'une signature rapide de l'accord de stabilisation et d'association (ASA) avec la Serbie, de préférence déjà lors du Conseil Affaires générales du 28 janvier. « Certains pays membres ont encore des problèmes » avec la signature du texte (Pays-Bas, Belgique et, dans une moindre mesure, les pays scandinaves, Ndlr), mais la Présidence slovène fera tout ce qui est en son pouvoir pour les convaincre de soutenir cette décision « cruciale » pour la suite de l'intégration européenne de la Serbie, a expliqué le ministre slovène des Affaires étrangères, Dimitrij Rupel, le 8 janvier à un groupe de journalistes européens à Ljubljana. Plus tard dans la journée, à l'issue d'une rencontre avec les commissaires Benita Ferrero-Waldner (relations extérieures) et Olli Rehn (élargissement) dans la capitale slovène, M. Rupel a annoncé à la presse qu'il allait proposer la création d'un groupe de travail spécial (« task force ») chargé d'aider les autorités serbes à « progresser plus rapidement sur la voie européenne ». Le groupe sera composé de représentants de la Présidence slovène, de la prochaine Présidence française, de la Commission et du Conseil, a dit M. Rupel qui n'a donné aucune indication sur le rôle exact du groupe, ni sur le calendrier de ses travaux. La création de ce groupe ne rendra-t-elle pas impossible une signature de l'ASA fin janvier, comme le demande la Présidence slovène ? « Toutes les options sont ouvertes », s'est borné à répondre M. Rupel. Pour l'actuel président du Conseil de l'UE, il serait logique que la signature de l'ASA soit ensuite suivie rapidement de l'octroi du statut de pays candidat à la Serbie.
Accélérer le rapprochement de la Serbie ne signifie pas que l'UE renoncera à ses conditions, en particulier la pleine coopération de Belgrade avec le Tribunal pénal international sur l'ex-Yougoslavie (TPIY), souligne M. Rupel. Mais il appartiendra à l'UE seule, et non pas au TPIY, de décider si cette condition est remplie ou pas, insiste-t-il. Dans le passé, l'UE s'est toujours référée à l'avis du procureur général du tribunal, Carla del Ponte, pour conclure que la « pleine coopération » requise n'était toujours pas atteinte. La Présidence slovène attache beaucoup moins d'importance à l'avis du TPIY. « La pleine coopération avec le tribunal international reste la condition pour la signature de l'ASA. Qui décidera que cette condition est respectée ou pas ? C'est le Conseil de l'UE qui doit en juger », affirme M. Rupel.
Le commissaire chargé de l'élargissement, Olli Rehn, partage l'impatience des Slovènes à propos de la Serbie, mais insiste - beaucoup plus que M. Rupel - sur le strict respect de la conditionnalité. L'ASA devrait être signé « le plus rapidement possible » et l'UE est « techniquement prête » à le faire immédiatement, « mais il est important que tout le monde en Serbie réalise que la condition de la pleine coopération avec le TPIY reste en place. Elle est cruciale », a dit M.Rehn devant la presse en marge de la visite du collège des commissaires le 8 janvier à Ljubljana (voir autre article). Mais le dernier mot sur cette question n'appartiendra pas au TPIY. « Nous n'avons jamais subordonné notre pouvoir de décision politique en matière d'élargissement à d'autres organisations ou institutions », affirme M. Rehn. Cependant, avant de prendre sa propre décision, l'UE tiendra aussi compte de l'avis du nouveau procureur général du TPIY, le Belge Serge Brammertz, que M.Rehn a l'intention de « consulter » très bientôt. « La Serbie doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour arrêter les derniers fugitifs » accusés de crime de guerre, et les transférer à La Haye. « Cela reste la condition » pour la signature de l'ASA, a dit M. Rehn. (H.B.)