Bruxelles, 08/01/2008 (Agence Europe) - Un article daté du 4 janvier dernier paru dans le Baltic Times soulève de nouveaux doutes sur l'avenir du projet de centrale nucléaire Ignalina-2 auquel doivent participer conjointement les trois pays baltes et la Pologne (EUROPE n° 9374, 9381 et 9522). Au ralenti depuis plusieurs mois, les discussions entre les capitales estonienne, lettone, lituanienne et polonaise sur le projet conjoint de centrale d'une capacité de 3 200 mégawatts « ne montrent aucun signe de résolution dans un avenir proche » et la rumeur court que « la Pologne réfléchirait à se retirer du projet », indique le Baltic Times, se référant à une dépêche de Bloomberg relayant des informations diffusées par des sources du ministère polonais de l'Economie au quotidien Wall Street Journal Pologne et émettant de sérieuses réserves quant à la participation de Varsovie au projet Ignalina-2. Des informations toutefois démenties, selon le Baltic Times, par le ministre lituanien de l'Economie Vytas Navickas. « Je pense que l'information est fausse puisque j'ai rencontré le nouveau ministre polonais de l'Economie [Waldemar Pawlak, NDLR] à Bruxelles le 3 décembre [en marge du Conseil Energie, NDLR] et il n'y a eu aucune indication que la Pologne puisse se retirer du projet », a indiqué le responsable lituanien dans un entretien à une radio nationale. Aucun doute autour du projet n'a par ailleurs été exprimé lors de la réunion des chefs d'Etat lituanien Valdas Adamkus et polonais Lech Kaczynski en décembre dernier, a ajouté M. Navickas. Riga, Tallinn, Varsovie et Vilnius sont toujours en pourparlers pour mettre en place le consortium qui construira le projet. Côté lituanien, on envisage toujours un arrangement accordant une minorité de contrôle de 34% dans la société quadripartite de gestion qui doit être établie à une entreprise conjointe nationale baptisée Leo LT que Vilnius cherche à mettre en place et laissant aux trois autres compagnies participantes, Polskie Sieci Elektroenergetyzcne (Pologne), Latvenergo (Lettonie) et Eesti energia (Estonie) les 66% restants à hauteur de 22% chacun. Sous la direction du gouvernement du précédent Premier ministre polonais Jaroslav Kaczynski, Varsovie a toutefois exigé de disposer d'une capacité nucléaire de 1 200 mégawatts de la future centrale, ce que Vilnius a refusé. Ignalina-2 est censée produire de l'électricité en 2015, mais la plupart des experts estiment que 2020 est une date plus réaliste. Selon le Baltic Times, le gouvernement lituanien ferait face non seulement à des difficultés concernant l'engagement incertain de la Pologne mais aussi sur le plan intérieur. L'opposition conservatrice en Lituanie exprimerait en effet des doutes quant à savoir si l'entreprise conjointe nationale Leo LT, dans lequel l'Etat conserverait 61,7% des parts via l'énergéticien public national Lietuvos energija et le gestionnaire de réseau de transport national Rytu Skirstomieji Tinklai, constitue le bon instrument pour construire la nouvelle centrale et établir des interconnexions électriques avec la Pologne (via le « Pont électrique » ou PowerBridge) et la Suède. (E.H.)