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Bulletin Quotidien Europe N° 9557
INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/eurogroupe

Préoccupations pour la croissance et l'inflation alors que les risques s'intensifient

Bruxelles, 04/12/2007 (Agence Europe) - Comme il l'avait fait à l'issue du précédent Eurogroupe (EUROPE n° 9542), Jean-Claude Juncker a constaté, lundi 3 décembre, l'existence de risques pour la croissance de la zone euro. Joaquin Almunia se montre pour sa part moins optimiste qu'il ne l'était il y a un mois. Et comme au plan de l'inflation, les risques sont également plus marqués, l'équation est délicate à résoudre pour les ministres des Finances de la zone euro et la Banque centrale européenne (BCE).

D'après l'analyse de Michael Deppler, Directeur pour l'Europe au Fonds monétaire international (FMI), la croissance de la zone euro restera dynamique et robuste, mais devrait tourner « autour de 2% ou légèrement en dessous de 2% » en 2008, a confirmé le commissaire chargé des affaires économiques et monétaires à la presse. C'est un peu moins que les chiffres avancés dans le dernier rapport du FMI publié mi-octobre (2,5% en 2007 et 2,1% en 2008), ainsi que dans les prévisions économiques de la Commission qui tablait sur une hausse du PIB de 2,6% cette année et de 2,2% l'année prochaine (EUROPE n° 9540). « On ne peut pas négliger les risques négatifs pour la croissance », précise ainsi M. Almunia, en rappelant que si les données disponibles depuis la publication des perspectives économiques d'automne (prix du pétrole, état de l'économie américaine, situation sur les marchés financiers, évolution des taux de change) avaient été prises en compte, « nos prévisions de croissance auraient été inférieures ».

Du côté de l'inflation, le risque d'une hausse existe bel et bien, même s'il faut distinguer les éléments qui alimentent la hausse des prix, insiste M. Juncker, en observant des « composantes temporaires », dont les conséquences « peuvent se résorber à court terme », et des « composantes qui risquent d'être un peu plus durables ». Quoi qu'il en soit, l'évolution des prix de l'énergie et des autres matières premières sont susceptibles d'entraîner des effets de second tour et « la modération salariale en ligne avec la productivité reste de mise », a-t-il ajouté. Les risques haussiers pour les prix sont principalement d'ordre externe, mais il existe néanmoins aussi des facteurs internes, a poursuivi M. Almunia, en présentant l'analyse de la Commission sur l'évolution de la productivité dans la zone euro et le problème de la concurrence dans le secteur des services. « Il semblerait que la plupart des gains de productivité enregistrés ces deux dernières années soient dus à des motifs cycliques » plutôt que structurels, a-t-il ainsi observé. Dans le secteur des services, nous pâtissons des obstacles à la concurrence dans le secteur, imputables soit à des décisions gouvernementales soit à des situations oligopolistiques, qui, si elles sont le résultat de positions d'entreprises, peuvent être supprimées par les gouvernements. Il est donc nécessaire, selon M. Almunia, de « renforcer nos efforts pour mettre en œuvre la directive services », de poursuivre l'initiative mieux légiférer et d'assurer le suivi des secteurs concernés, afin de « contrer ces pressions inflationnistes et améliorer les niveaux de productivité de nos économies ».

Après son déplacement la semaine dernière en Chine, avec MM. Almunia, et Trichet, M. Juncker a rappelé la teneur principale du message transmis aux autorités chinoises, « les invitant à considérer la nécessité qu'il y avait, et pour le monde et pour la Chine, de voir le yuan s'apprécier d'une manière graduelle mais accélérée par rapport à l'euro, puisque nous estimons qu'une appréciation graduelle ne serait pas suffisante, mais qu'il faut une accélération du rythme d'appréciation du yuan ». Et d'attirer leur attention sur les « risques de voir des tendances protectionnistes prendre corps si jamais aucun rééquilibrage ne se faisait au niveau des taux de change ». D'une manière générale, « nous considérons toujours (que les taux de change) doivent refléter les données fondamentales des différentes parties de l'économie mondiale », a enchaîné M. Juncker, qui se félicite de voir les propos en la matière du secrétaire américain aux Finances s'enrichir. Ce dernier, qui disait jusqu'à présent qu'un dollar fort était dans l'intérêt de l'économie américaine, complète désormais ses propos en ajoutant que « l'économie américaine va continuer de croître et que les atouts fondamentaux de celle-ci à long terme seront reflétés sur les marchés des changes », souligne M. Juncker, pour qui ces mots vont dans le sens souhaité. (A.B.)

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