Bruxelles, 12/11/2007 (Agence Europe) - Pour le Comité de politique économique (CPE), qui a examiné un rapport de la Commission sur l'impact économique des migrations, le phénomène a un rôle important à jouer pour augmenter le potentiel de croissance et faciliter les ajustements au sein de l'UE. L'immigration a contribué à la forte croissance de l'emploi enregistrée dans plusieurs Etats membres durant la dernière décennie, mais l'impact des flux migratoires en termes de compétitivité ou de productivité reste difficile à mesurer, explique le rapport qui alimentera les discussions des ministres des Finances de l'UE lors du Conseil Ecofin, ce mardi 13 novembre.
En 2006, l'augmentation de la population européenne (2,1 millions de personnes) a été principalement due à une hausse des flux migratoires (1,6 million de personnes) provenant essentiellement de pays tiers (les flux migratoires internes à l'UE restent en effet modestes). Selon ses projections, la Commission table sur l'arrivée de près de 40 millions de personnes entre 2004 et 2050, mais ce flux ne servira que partiellement à combler le déficit en main-d'œuvre lié au vieillissement de la population. A elle seule, l'immigration ne pourra pas répondre à ce défi et doit en tout état de cause s'accompagner de politiques appropriées, précise le CPE. Une bonne intégration de la population sur les marchés du travail requiert notamment des mesures dans le domaine de l'éducation, de l'accès au marché du travail et de l'égalité des droits. Les politiques mises en œuvre devraient en particulier faciliter l'immigration dans les secteurs qui connaissent ou risquent de connaître une carence en main-d'œuvre, indique le CPE, qui prend soin de préciser l'importance pour les Etats membres de prendre en compte l'effet négatif que ces migrations pourraient avoir pour les pays d'origine (ralentissement de la croissance du fait de la fuite des cerveaux).
L'impact de l'immigration sur les dépenses de bien-être et la durabilité des finances publiques des Etats membres est complexe et très variable d'un pays à l'autre, ajoute encore le rapport. Cela dépend du type d'immigration, de la manière dont les migrants sont admis dans le pays, des opportunités du marché du travail et de la nature du système fiscal et de prestations. Et de souligner que l'immigration peut contribuer à la stabilité du régime de retraite par répartition à court ou moyen terme, car à plus longue échéance une réforme appropriée de ces régimes reste essentielle. (A.B.)