Bruxelles, 05/04/2007 (Agence Europe) - EURORDIS, l'organisation qui fédère au niveau européen plus de 300 associations et représente 30 millions de patients souffrant d'une maladie rare en Europe, n'a pas tardé à réagir à l'arrêt des négociations interinstitutionnelles sur la proposition de règlement relative à une procédure européenne centralisée d'autorisation des nouvelles thérapies issues de l'ingénierie cellulaire et tissulaire. Pour EURORDIS, la décision du rapporteur, le démocrate-chrétien slovaque Miroslav Mikolasik, de claquer la porte (voir EUROPE n°9399) « repose sur des croyances religieuses personnelles » et « fait preuve de mépris pour les enfants et les adultes européens qui souffrent et meurent de maladies incurables et qui attendent avec impatience des thérapies innovantes, efficaces et sûres ». Et de reprocher au rapporteur d'avoir, dans le cadre d'une stratégie délibérée, éliminé la possibilité d'un accord en première lecture. Pour EURORDIS, « cette manœuvre est totalement inacceptable dans une Europe démocratique ».
La manœuvre n'a pas non plus été appréciée par la Commission européenne et la Présidence allemande qui étaient entrées dans la négociation, parce qu'elles pensaient qu'un accord en première lecture était vraiment possible. Les représentants des Etats membres auront un premier échange de vues sur le sujet la semaine prochaine, mais il est fort probable que ce qui vient de se passer conduise le Conseil à refuser à l'avenir toute nouvelle concession au Parlement sur ce dossier. Certains craignent déjà que l'adoption du règlement ne traîne jusqu'à la Présidence slovène au premier semestre 2008, à moins que la plénière du Parlement européen, dans sa grande sagesse, ne rejette les deux amendements litigieux qui portent sur des considérations éthiques. La balle est maintenant dans le camp de la plénière qui peut encore sauver le dossier d'un naufrage dans l'irrationnel. Verdict le 24 avril à Strasbourg. (oj)