Bruxelles, 09/11/2006 (Agence Europe) - « Le temps est plus que venu de mettre un terme à la violence. C'est aujourd'hui ou jamais. Et l'Europe doit être présente », a affirmé le Président du Parlement européen Josep Borrell en condamnant fermement l'opération militaire israélienne menée dans la nuit du 7 novembre à Beit Hanoun, dans la Bande de Gaza. « C'est dix-huit personnes décédées et une quarantaine de blessés, presque tous des civils, qui sont des victimes (…) Dans quelle mesure la mort de civils pourrait-elle apporter la sécurité à Israël ? Dans quelle mesure cela peut amener les Palestiniens à s'engager politiquement sur le chemin de la paix et du dialogue ? », s'interroge M. Borrell dans un communiqué.
Au groupe socialiste du PE, Pasqualina Napoletano et Véronique de Keyser ont lancé un appel analogue, en demandant à la Présidence du Conseil de l'UE « d'intervenir immédiatement auprès du gouvernement israélien », et en plaidant pour un renforcement du Mécanisme international temporaire de l'UE, qui « est le seul instrument pour améliorer la situation humanitaire dans les Territoires palestiniens ».
Véronique de Keyser, qui a dirigé cette année la mission d'observation de l'UE aux élections législatives en Palestine, lance un appel désespéré aux institutions de l'UE afin qu'ils contribuer à faire cesser cette nouvelle flambée de violence, « encore plus meurtrière de tout ce qu'a connu la Palestine ». Selon elle, « ce bain de sang ne peut se comprendre que parce que les négociations sur un gouvernement d'union nationale étaient relancées avec des chances d'aboutir. Les Etats-Unis ne veulent pas de ce gouvernement, et les Israéliens non plus ». En outre, le gouvernement israélien « s'est allié à l'extrême droite sans provoquer de convulsion européenne », et Javier Solana a déjà rencontré le ministre Liebermann et, en paraphrasant Martin Luther King, espéré que le rêve puisse devenir réalité. Mais quel rêve ? Le rêve de Monsieur Liebermann ? « Mais ce rêve est notre cauchemar et celui de tout démocrate », déplore la socialiste belge. Qui constate: « Jamais les Européens n'ont été aussi présents au Moyen-Orient. Jamais nous n'y avons dépensé autant d'argent, investi autant d'espoirs. Mais avec quels résultats ? (…) Exigeons un cessez-le-feu immédiat. Et si nous ne l'obtenons pas, utilisons alors les instruments de pression dont nous disposons. L'un d'eux est le gel des accords avec Israël. Ce n'est pas mon souhait, car ce serait sans doute une fois de plus prendre une population en otage, mais que faire si les gouvernements deviennent fous et si la diplomatie est impuissante à les arrêter ? ». (mg / fb)