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Bulletin Quotidien Europe N° 9303
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/social

La Présidence allemande ne devrait pas rouvrir le dossier de la durée du temps de travail

Bruxelles, 09/11/2006 (Agence Europe) - A l'issue du Conseil extraordinaire des ministres de l'Emploi et des Affaires sociales de l'UE qui, une nouvelle fois, a échoué dans sa tentative de trouver un terrain d'entente sur la modification de la directive relative à la durée du temps de travail (EUROPE n°9301), le secrétaire d'Etat allemand au ministère fédéral des Affaires économiques et du Travail, Gerd Andres, a annoncé que son pays, qui assurera la Présidence de l'UE au premier semestre 2007 ne rouvrirait pas le dossier. Il faudra donc, au mieux, attendre le second semestre et la Présidence portugaise, dont on ne connaît pas encore les intentions.

Comme il fallait s'y attendre, le nouvel échec enregistré mardi a par ailleurs suscité un certain nombre de réactions dans les sphères politiques et économiques. C'est ainsi que les conservateurs britanniques siégeant au Parlement européen estiment que « (l'échec de) cinq Présidences successives a montré qu'aucun accord n'est possible sur le texte actuel » et que « le texte doit (donc) être retiré et réélaboré », d'autant qu'il ne répond en rien à la nouvelle approche préconisée par le président de la Commission, José Manuel Barroso, en matière de simplification de la législation. Dans un communiqué publié mercredi, le groupe socialiste du Parlement européen exprime pour sa part sa déception face à l'échec du Conseil. Les socialistes estiment notamment que « sans accord, l'utilisation de termes comme flexicurité ou encore réconciliation entre travail et vie familiale sont des coquilles vides pour ce qui concerne les travailleurs ». Ils réfutent l'idée selon laquelle « le moyen d'accroître la productivité est de faire travailler davantage les gens pour moins (de revenus: NDLR) », ajoutant qu'il est évident qu'une durée de travail plus courte combinée à des méthodes de travail plus flexibles débouche sur une productivité plus élevée. Alejandro Cercas, rapporteur socialiste espagnol pour le dossier de la révision de la directive temps de travail, fait valoir que « le manque de volonté de vraiment considérer toute formule faisant référence à une fin possible de l'opt-out a constitué la pierre d'achoppement pendant ces négociations ». Et M. Cercas de déplorer que ni le Conseil ni la Commission n'aient tenu compte de l'avis « équilibré » rendu par le Parlement en première lecture. La verte allemande Elisabeth Schröder a quant à elle estimé que « le Conseil démolit l'Europe sociale », pointant surtout l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Pologne. Selon elle, les syndicats et autres organisations sociales doivent maintenant « se rassembler et protester au niveau européen, afin de lutter pour un socle de normes sociales équitables dans toute l'Europe ».

Enfin, le secrétaire général de l'UEAPME (Union européenne de l'artisanat et des petites et moyennes entreprises), Hans-Werner Müller, a indiqué que « la situation actuelle concernant le temps de travail en Europe est inacceptable sur les plans économique comme politique, 23 des 25 Etats membres enfreignant les règles existantes ». Il considère qu'il faut prendre rapidement des mesures et fixer des règles réalistes, notamment en ce qui concerne la définition du temps de travail « de garde ». Concernant cette problématique connexe à l'opt-out, il fait valoir qu'« en l'absence d'accord sur l'ensemble de la directive, il pourrait être judicieux de traiter des périodes de garde à part, afin de mettre un terme à l'incertitude juridique et de réduire les coûts qui pèsent sur les PME ». (ol)

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