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Bulletin Quotidien Europe N° 9259
JOURNEE POLITIQUE / (eu) pe/proche-orient

Pour le PE, une solution durable passe nécessairement par le règlement du problème palestinien

Strasbourg, 06/09/2006 (Agence Europe) - Dans cette dernière crise, de grands espoirs ont été placés dans l'Union européenne, qui a été à la hauteur, en jouant un rôle « important, et même de pointe »: c'est la constatation d'Erkki Tuomioja, en ouverture du débat en plénière, mercredi après-midi, sur la situation au Proche-Orient, et en particulier au Liban. La leçon de cette crise est que la force militaire ou les solutions unilatérales ne peuvent pas résoudre les problèmes du Proche-Orient, affirme le Président du Conseil de l'UE, tout en plaidant pour un rapide renforcement des troupes de l'Unifil dans la région. Pour nous tous au sein du Conseil, ajoute-t-il, il est clair qu'il ne peut pas y avoir de stabilité sans le retour au processus de paix et à la Feuille de route, « bloquée » depuis les élections palestiniennes de janvier dernier. Pour mettre fin à cette situation, le gouvernement palestinien doit « se comporter comme un partenaire responsable, avec lequel personne ne refusera de négocier », et les parties doivent être engagées dans un dialogue sérieux. En même temps, l'Union doit être prête à intervenir sur le terrain, comme elle est d'ailleurs déjà en train de faire.

La nécessité d'une solution politique au problème central du Proche-Orient a été réitérée par la Commissaire Benita Ferrero-Waldner, et pratiquement par tous les parlementaires. Mme Ferrero-Waldner a insisté sur le rôle joué par la Commission européenne, qui, dès la première semaine de crise, a mobilisé ses moyens pour l'aide humanitaire et les efforts d'évacuation. Mais il ne faut pas oublier le contexte plus large: il est impératif d'essayer de « revenir au calme qui avait tenu pendant la plupart de l'année 2005 » et s'attacher à l'oeuvre de reconstruction au Liban et à la solution du désastre écologique qui s'y est produit et qui, insiste-t-elle, doit se faire sous la coordination du gouvernement libanais lui-même.

Pas de « solution » militaire au Proche-Orient, mais une « présence » militaire qui peut contribuer à la recherche d'une solution, concorde le président du groupe PPE/DE, Hans-Gert Pöttering, en mesurant le chemin fait par les pays de l'Union avec leur décision sur l'Unifil. Et en se disant, comme « européen allemand (…), profondément touché » par le souhait exprimé par le Premier ministre israélien de voir des forces allemandes au sein de l'Unifil. M. Pöttering invite les pays musulmans à respecter la dignité de leur jeunesse, non pas en l'encourageant au martyre mais en l'aidant à contribuer au développement de leurs pays. Le problème palestinien est à la source du conflit, réaffirme le président du groupe socialiste Martin Schulz en invitant au dialogue, à de « petits pas, compréhensibles pour tous », à l'ouverture même à l'égard de Damas (les socialistes ont été déçus par l'attitude de la Syrie, mais on a besoin d'elle, a-t-il admis). M. Schulz se demande si un exercice semblable à celui de la CSCE, qui a fait ses preuves à l'époque de la guerre froide, pourrait être concevable pour le Proche-Orient. Le mandat de l'Unifil doit être précisé, estime quant à lui le président de l'ALDE, GrahamWatson, tout en invitant à ne pas oublier le long terme, et à prendre des mesures pour que les nouvelles générations dans la région puissent grandir sans peur et sans guerre Si nous avions eu une Constitution, commente-t-il, nous aurions été autrement équipés pour faire face à cette crise, a-t-il dit (soutenu par le président de la commission constitutionnelle, Jo Leinen, qui a parlé du « coût de la non-Constitution »). Et il lance un « bravo » au Commissaire Louis Michel pour la rapidité de sa réaction, à Romano Prodi pour son courage, ainsi qu'à la Turquie, pour sa disponibilité à contribuer à l'action de l'Unifil. Nous devons faire notre autocritique, enchaîne le président des Verts/ALE, Daniel Cohn-Bendit: nous avions une résolution (N° 1552) de l'ONU et nous avons été aveugles, nous savons que nous avons à faire à une région où il est facile de se tromper, car on est « attaché » à l'une ou l'autre partie, alors que la politique, c'est autre chose, c'est de trouver des solutions qui « fassent bouger » la région. Je suis peut-être un « gamin rêveur », mais j'aurais bien aimé voir non pas des soldats français et des soldats italiens mais des soldats européens au Liban, a lancé le Vert allemand (en invitant les présidents du groupe ALDE et du groupe de la GUE/NGL à dire à leurs partis respectifs en Allemagne qu'il est « scandaleux » qu'ils s'opposent à une participation allemande à la Finul). Le général Philippe Morillon (ALDE) a commenté: « Non, vous n'êtes pas un gamin rêveur, ou je le suis plus que vous », en insistant en outre (la dramatique leçon des Balkans ne doit pas être oubliée) pour que les troupes de l'Unifil « soient respectées, et donc fortes (…), ce qui implique qu'elles disposent des moyens adaptés et qu'elles puissent s'en servir, pas seulement en cas de légitime défense ». Le verdict de Francis Wurtz, président de la GUE/NGL, sur l'action de l'Union dans ce conflit est nuancé: le Conseil et les gouvernements européens ont été incapables de demander le cessez-le-feu et ont au départ, déplore-t-il, trouvé des excuses pour le gouvernement israélien. Mais les derniers jours semblent indiquer un certain « ressaisissement » de l'UE. EUROPE y reviendra.

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