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Bulletin Quotidien Europe N° 9255
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INFORMATIONS GENERALES / (eu) ue/bce

Maintien des taux mais forte vigilance de la BCE

Bruxelles, 31/08/2006 (Agence Europe) - Le Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE) a décidé le 31 août de conserver inchangés les taux d'intérêt de la zone euro. Le taux de soumission minimal appliqué aux opérations de refinancement reste donc à 3%, le taux d'intérêt de la facilité de prêt marginal à 4% et celui de la facilité de dépôt à 2%. Les informations reçues depuis la précédente hausse des taux d'intérêt ont « encore confirmé » notre raisonnement du début du mois d'août, a souligné Jean-Claude Trichet lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion, à laquelle assistait le Commissaire Joaquin Almunia. Rappelant d'emblée qu'une « forte vigilance reste essentielle » pour assurer que les risques haussiers à la stabilité des prix demeurent maîtrisés, le Président de la BCE a souligné que « si les hypothèses de notre scénario de base continuent de se confirmer, un retrait progressif de l'accommodation monétaire reste garanti - une formulation récurrente de M. Trichet que de nombreux économistes considèrent comme l'anticipation d'une nouvelle hausse des taux en octobre, hausse qui maintiendrait ainsi le rythme, inauguré en août, d'une augmentation tous les deux mois (EUROPE n° 9245). Bien évidemment la BCE n'a pas d'apriori, a insisté encore une fois M. Trichet devant les journalistes, en martelant: « nous faisons ce qui est nécessaire selon notre analyse », et nous sommes « en alerte constante ». Nous avons eu une discussion complète et approfondie avec tous les collègues et « la décision, finalement, a été unanime », s'est-il aussi félicité.

Au deuxième trimestre 2006, le PIB de la zone euro a augmenté de 0,9%, après une hausse de 0,6% au premier trimestre, confirmant, tout comme les dernières projections des services de la BCE, que la croissance économique est « de plus en plus durable ». Les informations sur le troisième trimestre montrent que l'économie de la zone euro devrait continuer de croître « autour de son potentiel », a expliqué M. Trichet, en annonçant une révision à la hausse des prévisions pour 2006 et 2007 (qui tiennent compte pour la première fois de la Slovénie). L'augmentation du PIB de la zone devrait se situer entre 2,2% et 2,8% pour 2006 et entre 1,6% et 2,6% pour 2007. Les risques pour la croissance demeurent liés à de futures hausses du prix du pétrole, aux déséquilibres globaux et à des mesures protectionnistes, notamment depuis la suspension des négociations sur le cycle de Doha à l'OMC, a-t-il précisé.

Avec 2,3% en août 2006, le taux d'inflation a certes reculé par rapport à juillet (2,4%), mais son niveau devrait rester élevé, dépassant de 2% pour le reste de 2006 et en 2007. Les services de la BCE tablent désormais sur une hausse des prix entre 2,3% et 2,5% en 2006 et entre 1,9% et 2,9% en 2007, à un niveau qui correspond à la tranche haute de leurs précédentes prévisions et qui est même supérieur pour l'année prochaine. Ceci est essentiellement dû aux risques liés au pétrole cher, aux effets indirects plus importants des hausses des prix du brut dans le passé et, « plus fondamentalement », aux hausses des salaires, plus fortes que prévu. « Les risques haussiers à la stabilité des prix prévalent » sur le moyen et le long terme, a conclu M. Trichet, en voyant la confirmation de ces craintes dans la dynamique continue de la masse monétaire et du crédit, dans un contexte d'amples liquidités.

Interrogé sur les risques d'étouffer la croissance, M. Trichet a rappelé le mandat de l'institution de Francfort. Nous contribuons à la croissance durable en faisant chaque fois ce qu'il faut faire, or, nous gênerions la croissance si nous abandonnions notre mandat de maintien de stabilité des prix, a-t-il affirmé, en insistant: « Nous avons une aiguille dans notre boussole (la stabilité des prix), qu'il ne faut pas quitter des yeux ». Si certains regardent d'autres objectifs, « nous en avons un »: la stabilité des prix.

Tous les pays devraient profiter de la reprise économique actuelle pour consolider les équilibres budgétaires dans les délais convenus, en particulier les pays concernés par des procédures de déficit excessif et présentant des ratios dette/PIB élevés, a par ailleurs jugé M. Trichet, qui, en réponse à une question sur la situation budgétaire en Italie, s'est contenté de dire qu'il s'agissait d'un des pays « appelés à faire leur devoir en fonction de leurs engagements antérieurs ».

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